jeudi 26 juin 2014
Re: Le petit mot de la fin
mardi 17 juin 2014
Derniers pas en Asie : l'Inde sacrée...
Namasté!
Nous quittons le Népal et ses montagnes pour revenir en Inde, par la même frontière qu'il y à un mois. Tout se passe bien, lorsqu'un douanier népalais, nos passeports en main, nous demande entre deux notes d'humour de manière très directe et naturelle nos salaires en France. Nous tentons naïvement de lui expliquer que nous ne percevons actuellement aucun salaire. Il en deduit après quelques incompréhensions et à notre grand soulagement, que nous sommes à la charge de nos parents et nous rends nos précieux sésames, sans demander de bakchich, ouf.
La frontière passée, nous partons en direction de Varanasi, dans un bus public Indien, sous une chaleur de fin de journée. C'est lors d'un de nos arrêt nocturnes, pour une pause toilette indienne - au milieu de nulle part sans toilette ni lumière - que Julien fera l'expérience de s'éloigner un peu trop du bus. Lors de son retour, par manque de lumière il se retrouvera les deux pieds jusqu'aux chevilles dans une boue noire visqueuse et odorante à l'aspect douteux. Une bouteille d'eau versée sur chaque pied à la va vite avant que le bus reparte permettrons de rendre la fin du trajet supportable. C'est donc sous notre meilleure étoile que nous arrivons à 4h du matin dans la ville sainte de Varanasi (Bénarès). Nous avons la chance de trouver à cette heure un conducteur de Rickshaw d'une serviabilité déconcertante, qui après nous avoir conduit dans la vieille ville, abandonnera son véhicule pour nous guider au travers du dédale de ruelles étroites entre vaches endormies, chiens errants, bouses et déchets pour nous amener dans l'hôtel de notre choix sans même prendre de commission.
Nous nous installons dans cette petite auberge, nichée au bord du Gange sacré, au plus prêt des activités religieuses hindoues, que nous découvrirons dès le lendemain.
En effet, à l'image de la Mecque pour les Musulmans, tout Hindou se doit de faire son pèlerinage à Bénarès une fois dans sa vie. Ce pèlerinage consiste à s'immerger plusieurs fois dans le fleuve et à boire l'eau sacrée du Gange afin de se purifier et cela malgré la propreté plus que douteuse de celui-ci. On peux ainsi voir de nombreux indiens au bord du Ganges procéder à ces ablutions mais également se laver de la tête aux pieds, se brosser les dents, faire leur lessive, sans compter les longues parties de baignades, qui pour les plus jeunes s'accompagne d'apprentissage de la nage, un bidon en plastique accroché dans le dos faisant office de bouée... Pour sûr les ghats : innombrables marches descendant jusqu'au Gange, grouillent de vie en tout genre. Sont aussi présent, les oracles installés en tailleur à l'ombre de leur parasols. Ils sont consultés par les pèlerins pour la prière de purification mais également afin de prédire l'avenir!
Certain ghat, sont également dédiés à la crémation, car mourir et être brûlé à Varanasi est le rêve de tout hindou, puisque cela libère du cycle de réincarnation et permet d'atteindre le Paradis. Nous croisons ainsi régulièrement des cortèges funéraires, amenant leurs défunts au bucher, afin de les brûler en plein air au bords du fleuve sacré, pour y libérer leur âme. Sans compter que certains privilégiés : hommes saints, gourous, enfants, personnes ayant été mordu par un Cobra (animal sacré) et vaches sont jetés directement dans le fleuve sans crémation, améliorant la qualité de l'eau et l'aspect visuel et odorant de ses berges. Ces lieux de crémation, au centre de la religion hindou, nous inspirent personnellement plutôt une idée d'enfer sur terre. Le plus proche parent du défunt se fait raser la tête gardant uniquement une touffe de cheveux à l'arrière du crâne puis fait trois tour du bûcher avant de l'enflammer. Les ruelles alentours sont remplies de bois prêt à l'utilisation, les bûchers de crémations brûlent à longeur du journée sur les bords du fleuve... Comme pour toute chose en Indes, chacun a sa place, les personnes de caste importante sont brûlées sur un promontoire, auprès du temple, tandis que les basses castes se retrouvent au plus bas prêt du fleuve. Comme quoi, il ne faut pas oublier la place de chacun, même jusqu'à la mort!
D'autres Ghat sont la scène de spectacles rituels moins sensibles. C'est sur Dashashwamedh ghat, qu'à la tombée de la nuit se rassemble des centaines de personnes sur les berges et sur le fleuve à bord de barques pleines à craquer, pour assister à la prière de purification : Puja. Au rythme de la musique traditionnelle, des brahmanes (prêtres) exécutent des danses et mouvements ritualisées face au fleuve sacré, utilisant bougie et autre objet sacré mettant en valeur leurs mouvements. Même pour nous, non hindous, ce moment nous semble fort et chargé de sérénité.
Nous découvrirons d'ailleurs au fil de nos rencontres et discussions que, outre les hindous, le Gange et Varanasi, ont une connotations religieuse et sacrée pour tous les Indiens quelque soit leurs dieux. Plus qu'une histoire de religion, c'est la culture de leur pays. Nous rencontrons des chrétiens du Tamil-Nadu en pèlerinage ; des Sikhs se baignant dans les eaux sacrés ; des musulmants participant à la puja du soir pour se nourrir de la paix libérée au cours de ce moment...
En plus de toutes nos pérégrinations le long du fleuve sacré, nous explorons les nombreuses ruelles pavées de cette ville, une des plus ancienne habitée par l'homme. On s'y perd tellement qu'il y a des indications peintes sur les mur afin de s'orienter! Le marché aux étals colorés vient contraster avec les ruelles sombres et sales. On y croise vaches sacrés et chiens errants, le nez dans les détritus à la recherche de quelque restes au milieu des sacs plastiques. On alterne entre odeurs nauséabondes des caniveaux, odeurs de lait à la cardamome sortant des échoppes, et les douces odeurs émanant des étales de fleurs : de quoi ne plus savoir si l'on doit respirer ou non! Des échoppes en tout genre viennent border les ruelles. Julien aime s'arrêter pour prendre un Lassi, mélange de yaourt et de lait, agrémenté de divers fruits exotiques. La tradition est de le servir dans des pots en terre, que l'on brise dans le caniveau une fois fini.
C'est par ailleurs dans un magasins de tissus que nous expérimenteront les affaires à l'orientale. Nous sommes d'abord invités à ôter nos chaussures et à nous installer au sol sur les tapis. On nous sert ensuite le thé et les biscuits, que nous prenons en compagnie de notre hôte en discutant tranquillement de l'actualité du pays et de nos visites en Inde... Le thé terminé, les affaires commencent, des bacs entiers de tissus sont étalés sur les tapis du sol et les mérites de chaque étoffe et leurs couleurs et motifs allègrement vantés...
Nous quittons ensuite Varanasi en direction d'Agra. Nous attendrons notre train une après-midi complète. Ceci nous laissera le loisir de profiter une dernière fois de l'ambiance haute en couleur et en histoire des gares indiennes. Nous ne nous lassons pas d'observer vendeurs ambulants, enfants récoltants le plastique, mendiants, vaches sur les quais, porteurs et leurs montagnes de baggages, centaines de familles installées au sol pour attendre, voyageurs se ruant dans les trains et trains bondés passant à une vitesse d'escargot et les centaines de visages aux yeux écarquillés aux portes et fenêtres... Puis avec plus de 4h de retard nous partons en train (bien plus confortable que le bus!!) pour une dernière nuit dans les transports Indien.
C'est en arrivant à Agra que nous prenons conscience que les étroites ruelles de Varanasi nous avaient préservé de la chaleur jusque là. Les vrais températures se révèlent alors à nous. L'Inde était déjà chaude il y a un mois, mais nous sommes maintenant à la période la plus chaude de l'année, juste avant la mousson. Des températures de plus de 45-48°C viennent nous assommer. Nous essayons une première nuit une chambre avec ventilateur, mais impossible, notre corps n'est pas capable de supporter cette chaleur, nous déménageons le lendemain pour une chambre climatisée. Nous optons donc pour des réveils matinaux afin de visiter la ville, et découvrons qu'à 5-6h du matin la vie bat son plein dans les parcs d'Agra : Les femmes se rassemblent pour des moments de prières, les jeunes jouent au cricket et au Badminton, tandis que certains hommes font leur footing ou leur séance de Taichi... Puis tout le monde quittera les lieux progressivement pour laisser place nette vers 9h. En effet, à partir de 7h, le soleil cogne déjà très fort et nous vissons nos chapeau sur notre tête pour éviter l'insolation et à 9-10h plus question de trainer dehors, la fraîcheur des habitation invite tout le monde à rentrer! C'est ensuite vers 17h que les villes reprennnent vie.
Autant vous dire que nous avons pris un petit rythme. A l'hôtel nous prenons le temps de regarder les clips de Bollywood, d'un dynamisme et d'une chorégraphie bien propre à la culture indienne. L'étonnant est que le principale sujet de ces clip sont des romance amoureuse, dans un pays ou le mariage arrangé est une évidence et laisse peu de place au mariage sentimentaux.
Notre route à Agra nous a surtout amenés au pied du fameux Taj-Mahal, ce chef d'oeuvre d'architecture en marbre blanc où chaque détail se révéle être une merveille d'artisanat. Ce mausolée construit par l'empereur Shah Jahan en l'honneur de sa femme décédée renvoi un aspect de douce perfection. Nous visitons également le fort rouge, beaucoup mieux conservé que celui de Delhi. Ces monuments nous transportent sur les traces de l'ancien empire Moghol, à l'époque ou sa puissance rayonnait sur une bonne partie du continent asiatique.
Nous continuons également nos expérimentation culinaires. Lors de notre première venue en Inde nous avions mangé beaucoup de «Thalis» : plat à base de riz et de chapatis, agrémenté de différentes sauces aux légumes, lentilles... épicés bien sur.
Cette fois ci, nous essayons nombreux repas de «paneer». Ces plat de légumes en sauce, accompagnés de paneer fromage non fermenté, est mangé avec des chapatis (galette de blé plates) que l'on vient tremper. Nous essayons celui au épinards (Palak paneer), aux champignons, aux poivrons (Kadai paneer), et bien d'autres...
Chez les vendeurs de rue, nous nous essayons au «Gol gappa» aussi appelé «Pani puri». C'est une coque de biscuit sphérique, que le vendeur perce, il y met dedans une purée de pomme de terre et pois chiche, puis verse dessus une sauce dégoulinant partout. On s'installe en cercle autour du stand, et le vendeur distribue l'en-cas à tour de role jusqu'à plus faim. On aime le concept autant que le plat ... Idéal pour un petit creux!!
Après Agra, c'est en bus climatisé que nous souhaitons rejoindre Delhi. Mais arrivé à la gare routière nous comprenons que si nous voulons rejoindre la ville avant la nuit, nous devons sauter dans le prochain bus normal. Lors de ce trajet nous comprenons ce qu'est la vraie chaleur, l'air nous brûlant le visage et les jambes, même à l'ombre. Très rapidement les fenêtres sont fermées, comme la plupart des indiens, nous enroulons notre tête dans un foulard avant de nous protéger du vent brûlant traversant la carcasse du bus. Mathilde trempera son foulard dans l'eau à chaque arrêt, afin de maintenir un peu de fraicheur, pour tenir tant bien que mal jusqu'à Delhi.
Une fois arrivé, nous retrouvons le quartier ou nous avions déjà séjournés lors de notre dernière venue. Mais la population y est bien différent, les occidentaux ont déserté avec la chaleur, les touristes à cette période sont principalement Indien, Chinois, Népalais et Israéliens.
Comme à Agra, c'est en début de soirée que la ville reprend vie, nous apercevons de notre chambre les enfants jouer sur les toits et de nombreux cerf volant s'élever dans le ciel... Au milieu de la nuit, réveillés par la chaleur étouffante dû à une coupure de courant arrêtant clim et ventilo, nous nous apercevons que les toits alentours sont remplis de familles dormant à la belle étoile, profitant de la fraîcheur relative de l'air extérieur.
Nous profitons du temps dans cette ville pour visiter l'impressionnant temple Sikh : Gurudwara Sis Ganj Sahib. Cette religion très présente dans le nord de l'Inde et réputée pour la confiance que l'on peux accorder à sa communauté. Les hommes pratiquants cette religion sont facilement repérables : ils ne coupent jamais leurs barbes et leurs cheveux, qu'ils enroulent sur leur tête et recouvrent d'un turban coloré.
Nous continuons nos explorations dans les bazars de notre quartier, ainsi qu'au marché aux épices ou les effluves assaillent notre nez, au point de nous empêcher de respirer.
Notre dernière journée à Delhi, sera bien différente. En effet, nous la consacrons à un passage dans les studios de Bollywood. Nous sommes approchés dans les rues touristiques de Delhi, les studios étant toujours en quête de blancs pour faire de la figuration. Julien jouera ainsi le rôle d'un soldat de la garde royale pour le film «Raqs». C'est l'occasion pour nous d'assister pendant une journée au tournage, vu de l'intérieur, d'un Bollywood et d'un long métrage de manière générale. Intéressant!
Puis voila le moment pour nous de quitter l'Asie, après ces huits mois à la parcourir... Nous sautons dans un avion en direction de l'Europe... Mais atterrissons dans un premier temps en Allemagne a Munich, histoire de se préparer tranquillement au grand retour en France!
On peut donc vous dire à bientôt!
mardi 27 mai 2014
Flirt avec le toit du monde
Namaste,
Aller au Népal sans marcher sur les pentes de l'Himalaya ne nous semblait pas concevable.
Avant de partir à l'aventure, nous commençons par quelques préparatifs : achat de carte, des permits d'entrées pour le parc national, des vêtements chauds et un raccommodage des chaussures de Mathilde auprès d'un petit cordonnier croisé dans les rues de Katmandou. Nous partons ensuite en bus pour Besisahar, point de départ du mythique trek du «Tour des Annapurnas».
C'est à 16h que nous arrivons à destination avec la ferme intention de marcher 1 ou 2h avant de trouver une auberge, afin de ne pas dormir dans cette ville bruyante et poussiéreuse. Une fois sortis du bus, nous commençons à sentir quelque gouttes de pluie, le temps d'acheter des bananes et ce sont des trombes d'eau qui s'abattent sur la ville. Après plusieurs tentatives de départ, avortés par la reprise de la pluie, nous renonçons et passons notre première nuit sur place. Le lendemain matin au réveil, la pluie calmée la nuit, repart de plus belle avec orage, éclairs et ciel menaçant. Nous commençons sérieusement à nous demander si ce n'est pas déjà la mousson qui pointe le bout de son nez avec plus de trois semaines d'avance? Mais le temps de nous préparer, la pluie se calme, pour ne pas réapparaître pendant nos 19 jours de marche. Ouf!
Nous randonnerons six jours pour effectuer la première portion du trek, entre Besisahar (820 m d'altitude) et Manang (3540m). Le chemin passe par de nombreux villages verdoyants, perchés dans la montagne, entourés de cultures en terrasses (maïs, riz, pomme de terre...). Nous y croisons la journée les locaux travaillant leurs terres en papotant. Les soirs, nous nous arrêtons dans l'auberge d'un de ces villages, toujours accueillis chaleureusement par les habitants.
Le sentier que nous empruntons est le même que le chemin quotidien des népalais. C'est ainsi que nous croisons chaque jours les enfants en chemise bleu sur la route de l'école, des bergers et leurs troupeaux, les adultes rentrant des champs un grand panier dans le dos porté avec une sangle sur la tête...
Les ambiances sont également imprégnées de la religion Boudhiste tibétaine, prédominante dans la vallée. Nous trouvons dans chaque villages, mais aussi au beau milieu de la montagne, de nombreux moulins à prière, des murs-mani (constitués de pierres gravés d'inscriptions bouddhistes), des stupas d'où volent multitude de drapeaux tibétains... Nous avons d'ailleurs eu un midi le droit à la prière de notre aubergiste. Une fois notre repas servis, la voila qui s'installe à côté de nous égrenant son chapelet et récitant pendant près d'une demi-heure ses prières chantantes.
Au cours de ces six jours nous longerons la même rivière, parfois au lit très étendus, parfois tumultueuse au milieu des roches encaissés qu'elle a creusée ; sans compter les multiples cascades s'y déversant. C'est ainsi que chaque jour nous avons un ou plusieurs pont de singe à traverser, pour le plus grand plaisir de Mathilde!
De l'autre côté de la rivière, une route remonte également la vallée. Enfin «une route» est un grand mot, une piste pour motos et 4x4. Ces derniers sont généralement bien chargé en marchandises et en personnes entassés à l'intérieur. Tant et si bien que nombreux sont ceux qui finissent sur le toit ou à l'arrière du véhicule, à s'agripper pour quelques heures de rodéo à flanc de montagne. Ce doit être un spectacle bien impressionnant et chaotique! Puis le 5ème jour, la route s'arrête au pied d'un pont de singe, seules quelques motos peuvent poursuivent leur trajet, ainsi que les troupeaux de mules transportant les marchandises nécessaires aux villages d'altitudes.
Plus nous montons, et plus nous trouvons les images et spectacles que nous imaginions de l'Himalaya. Les villages ont plus de caractères : leurs maisons de pierre, aux toits plats en terre battu, et à l'échelle de bois sculpté dans un demi tronc permettant d'y accéder, nous transportent dans le temps. Les habitants en vêtements traditionnels ont la peau marqué par l'altitude. Nous pouvons imaginer par les visages ridés des personnes âgées, le poids des hivers rudes passés, et les heures à l'air de la montagne sous le soleil brulant de l'altitude.
En parlant d'altitude, c'est le matin de ce cinquième jours que nous apercevons pour la première fois le sommet enneigé d'un des Annapurnas (le 2 pour commencer), sous un ciel bleu sans nuages. Puis le lendemain, nous arrivons à Manang, village-objectif de cette première partie de trek. C'est ici que nous prévoyons de prendre un peu de temps pour nous reposer et de laisser le temps à notre corps de s'acclimater à l'altitude. En effet, nous sommes déjà à 3500m, mais quelle étrange sensation lorsque nous regardons autour de nous. Les sommets nous surplombant du haut de leur 7000-8000 mètres, nous semblent encore bien inaccessibles, et nous donne l'impression de n'être qu'aux pieds des montagnes!!!
Nous profitons de trois jours à Manang pour des découvertes gustatives : la viande de Yak! Il faut dire qu'on était végétarien depuis le début de l'Inde (question d'hygiène alimentaire), alors cette expérience nous a fait doublement plaisir! Nous avions déjà goûté le fromage de Yak à Kathmandou, de même, ça faisait bien longtemps que l'on avait pas mangé du «vrai» fromage! Merci le Yak! Nous profitons également du temps libre pour marcher jusqu'à quelques points de vue aux alentours et faire de nombreuses partie d'échecs sur notre mini jeu!
Puis, assez de repos! Il est l'heure de repartir, encore plus haut, bien plus haut!
Nous commençons par un petit détour pour parfaire notre acclimatation et quittons le chemin du «Tour des Annapurnas» pour deux jours. Objectif, le lac Tilicho, un des lac d'altitude les plus élevé au monde semble t'il. Lors de la première journée nous commençons par traverser quelques villages et croisons nombreux locaux à crus sur leurs petits chevaux. Puis l'après-midi se fait plus rude, les autochtones sont maintenant les Blue-sheep (sorte de chamoix himalayens), les yaks et leurs bergers... Le chemin vient ensuite traverser des pierriers abruptes, au milieu de concrétions rocheuses impressionnantes. Cela donne lieu à un certain nombre de passages vertigineux, avant de nous permettre d'atteindre le camp de base du lac. L'auberge se situant au fin fond de cette vallée reculée de tout, à 4150m d'altitude, offre une salle commune des plus conviviale. Beaucoup de monde s'y retrouvent : randonneurs, guides et porteurs, tous à jouer aux cartes, à discuter autour d'un thé ou un plat chaud, des porteurs tassés dans une alcove sont même plusieurs assis sous la même couverture à rigoler et offre un spectacle très fraternel... Nous ne tardons pas à rejoindre cet espace commun pour profiter de l'ambiance et de la chaleur humaine, le froid commence sérieusement à se faire sentir. Quelques minutes plus tard, nous sommes tous derrière les vitres à observer une tempête de neige, qui dépose un beau manteau blanc sur le paysage environnant.
Le lendemain matin, réveil aux aurores pour l'ascension du lac Tilicho. Nous commençons à grimper, les paysages alentours sont saupoudré d'une fine pellicule blanche, qui leurs donnent un charme tout particulier. Le chemin alterne entre passage dans le brouillard et vue plus ou moins dégagée. Apercevrons nous quelque-chose en haut? Rien n'est moins sur. Nous commençons sérieusement à ressentir les effets de l'altitude. Il n'est plus question de chantonner ou de discuter en marchant, aligner cinq pas nous demande déjà un souffle monstre. Alors que notre corps, d'un point de vue musculaire, pourrait partir en footing ; notre souffle tourne court au bout de quelques mètres. L'allure est lente, et l'accélération clairement impossible! Puis nous arrivons sur un replat, accueillis par un ciel bleu et un paysage d'altitude recouvert d'une bonne couche de neige, dans laquelle nous nous enfonçons parfois jusqu'aux genoux. Les monts aux alentours sont magnifiques! Nous marchons une quarantaine de minutes avant d'atteindre le lac à 4990m d'altitude, lui même gelé et recouvert d'une fine pellicule blanche. C'est un peu déconcertant de se dire que l'on est plus haut que le Mont-Blanc! Nous restons quelques temps à admirer le paysage mais le vent glacial nous fouettant le visage nous invite à ne pas nous éterniser! Nous redescendons tranquillement, prenons le déjeuner au camp de base et revenons sur nos pas de la veille afin de regagner le chemin principal du «Tour des Annapurnas».
Les deux jours suivant nous semblent moins rudes : un peu moins haut, un peu plus chaud. Nous retrouvons donc une faible végétation et les petits villages typiques. Un village en ruine, notamment nous marquera par son charme. Perché dans la montagne, il se trouve peuplé de nombreux animaux. Aucun être humain n'y habite plus mais ce sont les chèvres, yak, et autre vaches qui pointent le bout de leur nez à l'embrasure des portes! D'autre part, la sortie du village s'ouvre sur un grand plateau offrant un point de vue à couper le souffle sur tous les monts enneigés amentours, Annapurnas et autre Lamjung!
Les soirées au coin du feu se poursuivent, dans des auberges plus petites, avec des moments plus intimistes. En altitude les forêt se faisant plus rares, le feu n'est plus toujours alimenté en bois, mais c'est parfois autour d'un feu de bouse de yak séché que l'on se réchauffe! Nous rencontrons au cours de ces moments Félix et Dominique, deux étudiants allemand ; François un québécois passionné de montagne, d'une vingtaine d'année de plus que nous ; et l'Autrichien et sont yukulélé qui fait danser les enfants népalais! Nous nous retrouvons avec plaisir de soirée en soirée pour partager quelques discussions et parfois notre repas.
Depuis plusieurs jours nous apercevons de nombreux Népalais, perchés à des endroits improbable dans la montagne, dans des zones hors des sentier, nous paraissant inaccessible. Mais tout ces locaux ne sont pas là pour rien, certains croisés au détour d'un chemin nous on parlés de leur recherche de l'or Himalayen : ce trésor mi chenille, mi champignon, sortant de terre aux alentours de 4000m d'altitude après la fonte des neiges est très recherché dans la médecine chinoise. En effet ce viagra naturel Himalayen (le yarchagumba) entraine entre Mai et Juin une grande course à celui qui trouvera le meilleur spot de récolte et la création de nombreux camps d'altitude. Chaque pousse pouvant être vendu jusqu'a 10$ l'unité (une fortune pour un Nepalais), il constitue le principal revenu de nombre de famille Népalaises vivant en altitude.
Après tous ces jours de marche, nous arrivons au pied de la dernière montée avant le passage de notre plus haut col. Cette ascension se divisera en deux jours. La première après midi, nous grimpons une partie très raide, à flanc de montagne pour atteindre le camp d'altitude ou nous passeront la nuit ... à 4850m.
Arrivés à l'auberge, nous passons notre dernière soirée en haute altitude, à la hauteur du Mont Blanc avec nos compagnons de route. Une bonne nuit réparatrice, nous prépare pour l'épreuve du lendemain.
Réveil au petit matin, nous observons le soleil apparaître sur les montagnes enneigées et leur donner un aspect rosâtre magique. Tout a gelée pendant la nuit et le froid est piquant...entammer la montée nous réchauffe tranquillement. Seul nos poumons et notre souffle haletant guident le rythme de nos pas, au beau milieu de paysages lunaire, de roche, de pierrier et de neige. En effet, à cette altitude, chaque mouvement est un grand effort et il est très frustrant de ne pouvoir avancer à son rythme. Autour de nous les sommets de 6500m et tous ces glaciers nous entourant nous semblent à quelques enjambées, mais c'est sans compter la lenteur des déplacements à cette altitude. Nous n'apercevons pas le col de loin, il est caché derrière une succession de petites buttes qui tour à tour nous donnent de faux espoirs. Nous sommes suivis de près par un couple d'anglais à l'accoutrement original : ils sont en shorts. Ils avaient regardé la météo avant de partir (environ dix jours plus tôt) qui prévoyait du très beau temps. C'est vrai que pour un passage de col nous avons beaucoup de chance, le ciel est incroyablement bleu, pas un nuage ne cache les monts alentours. Mais quand même, à plus de 5000m on était content d'avoir tout l'attirail hivernal pour se couvrir!
Après quelques heures d'ascension nous voila enfin au col de Thorung La, point culminant du trek à 5416 m d'altitude! L'ambiance y est sympatique, bien que chacun pense à ne pas trop trop tarder pour aller retrouver son souffle un peu plus bas. Chacun se raconte le vécu de la montée, François le québécois boit ses quelques goûtes de rhum gardé pour fêter l'occasion, d'autres passent des heures à faire la pause photo devant le panneau du col... Nous profitons de l'instant, puis partons pour la redescente et le découverte de cette nouvelle vallée. Une longue pente désertique nous attend, entourée de monts au couleurs particulièrement rouge. Au bout de quelques heures, nous apercevons des villages, îlots de verdures au milieu de la rudesse de la roche. Ainsi que Muktinat la ville ou nous passeront la nuit. Nous comprenons rapidement qu'un retour à la civilisation nous attend : motos, 4x4, poussières et klaxons nous accueillent; les auberges ressemblent plus à des immeubles qu'à des petites maisonnttes en pierres... Mais il y a du bon dans ce retour à la civilisation : ce soir, ce n'est pas un baquet d'eau glaciale qui nous attend, mais une douche chaude!
A Muktinat nous décidons de couper une partie du circuit, où la route est confondue avec le chemin de randonnée. Nous commençons donc par une matinée secouante dans un 4x4. Puis l'après-midi un bus nous permettra d'atteindre la ville voulue. L'ironie du sort voudra que nous vivions une histoire indienne au milieu du Népal. Arrivé a Jomson en 4x4, nous nous informons de l'heure du bus pour notre prochaine destination. Il est dans 3h et nous devrons faire un changement. Nous nous posons quelques temps auprès du guichet, puis nous décidons de partir à pied renonçant à attendre 3 heures. Nous sommes alors hellé, nous avons un bus de suite direct pour notre destination, on nous fait monter dans un 4x4 pour rejoindre notre bus. Nous atterrissons dans un bus réservé, remplis exclusivement d'Indien en pèlerinage. En effet, la nouvelle vallée dans laquelle nous sommes est un lieu de pèlerinage tres fréquentés par les hindous et les boudhistes. En peu de temps de bus, nous nous rappelons à quel point «l'Inde» est bruyante, agitée mais aussi colorées, généreuse et curieuse. On se verra ainsi offrir un snack aux saveurs très épicées. Nous seront aussi l'attention de nombreuses questions dont les réponses sont traduites en Hindi à l'attention de tous les occupants du bus. Une d'entre elle les fera beaucoup rire. Il nous demandent si l'on habite dans une grande ville en France. On leur répond que oui et on leur donne le nombre d'habitants. Celui-ci correspond au nombre d'habitant de la ville de Gujerat, considéré comme une ville de petite/moyenne importance en Indes. Nous ne nous affranchirons pas de la traditionelle séance photos avec une partie des voyageurs. Un voyage...finalement bien sympatique, mais bien fatiguant et quel retour a la réalité après quinze jours dans le calme des montagnes.
Nous arrivons le soir à Tatopani, au milieu d'une magnifique vallée toute verte, bordée d'une forêt équatoriale très dense. Aussi improbable qu'il soit, hier nous marchions avec des bonnets sur la tête, ce soir nous dinerons en terrasse. L'air est humide et chaud, et oui, nous sommes redescendus à 1190 m d'altitude. Il nous reste trois jours de marche avant la fin de ce grand trek. Le premier sera peu efficace, le temps de se réhabituer à la chaleur, surtout que nous avons choisis de commencer la journée avec une visite aux sources termales du coin : de quoi se ramolir pour la journée! Ces trois jours alternent entre des belles forêts primaires et des villages au milieu de multiples jardins en terrasses, nous y observerons les récoltes du blé à la serpe et le tris des grains sur des plateaux en bambous tressés. La plupart du chemin est constitué d'escaliers en pierres d'un charme incontestable, mais un peu moins charmant pour les jambes. Nos mollets se souviennent encore de la dernière descente!
Au point culminant de ces trois jours, Mathilde se réveille à 4h du mat' pour gripper à la lampe de poche sur la colline de Gorepani. Cela lui permettra d'apercevoir une dernière fois les Annapurnas, lors d'un tranquille levé de soleil sur l'Annapurna 1, l'Annapurna Sud et le Dhaulagiri. Pendant ce temps Julien plus feignant ce matin la en écrase pour deux. Il y a du monde en haut, mais rien à redire, cette peinture matinale est magnifique!
Au final ces vingts jours nous aurons conduit au milieu d'une diversité déconcertante de paysages! Des vallée verdoyantes, aux parties désertiques, des forêt de pins, aux sommets marchant dans la neige, des forêts tropicales, aux magnifiques canyons...et on en passe! Et on ne parle pas de l'accueil toujours aussi chaleureux et souriant de ses autochtones.
De retour à Pokara en fin de journée, après notre dernière marche, nous essuiyons une pluie diluvienne et nous arrivons à notre auberge trempés jusqu'aux os ... cela se répétera les jours suivants ... Il semblerait que cette fois la mousson soit bien arrivée. Nous nous offrons dans cette ville touristique quelques jours de repos avant de re-sauter dans un bus en direction ... de l'Inde! Et oui, ce gigantesque pays, même après deux mois nous a laissé sur notre fin. Alors on y retourne un peu avant le retour en Europe, laissant les chevaux de Mongolie et le train de Russie pour des découvertes futures, dans d'autres voyages...!
jeudi 1 mai 2014
Kathmandu, au pays des enfants perdus
Bonjour à tous!
Nous quittons le nord de l'Inde avec une première nuit de bus et un passage éclair dans le quartier tibétain de Delhi, au petit matin. Nous apprécions une nouvelle fois la gentillesse et l'honnêteté des tibétains; ainsi que quelques spécialités culinaires (tel que leur pain et thé traditionnel). Puis nous partons en direction de Kathmandu, avec deux jours et une nouvelle nuit de bus. Le trajet sera ponctué d'un passage épique de frontière, nous liant à nos compagnons d'infortune népalais et tibetains. En effet, à notre arrivée à la frontière à l'aube, étant les deux seuls touristes du bus, on nous fait comprendre que nous devons aller faire nos formalités d'entrée et de sortie. Une nouvelle fois, nous faisons face à des personnes serviables et tout se passe sans histoire. A notre retour au bus nous apercevons cependant cinq douaniers Indiens quittant le bus et lorsque nous montons, une agitation inhabituelle règne, accompagné de nombreux rires nerveux. Lorsque nous essayons d'en comprendre la raison on nous explique que les douaniers sont montés et ont demandés un bakchich sans raison apparente et ont obtenu gain de cause de la part de certain des voyageurs. Nous quittons ensuite l'Inde pour entrer au Népal. Nous avançons environ de 100 m, lorque les douanes népalaises décident de vider notre bus. Nous nous garrons dans la zone de quarantaine et chacun récupère ses bagages dans l'attente de l'inspection des douaniers. Après une bonne demi-heure ces derniers arrivent et ouvrent et inspectent tous les sacs. C'est seulement lorsqu'ils arriveront à nos sac-a-dos qu'ils décident de les ignorer pour passer aux personnes suivantes. Nous serons finalement les seuls pour qui le sac ne sera pas ouvert. Après une bonne attente et quelques billets transmis avec une chaleureuse poignée de main par notre chauffeur, nous repartons enfin. C'est un quart d'heure plus tard que nous croiserons l'armée voulant également une inspection de notre bus, auquel notre chauffeur s'oppose vigoureusement. Nous repartirons finalement après une inspection rapide de la cabine avant.
Après toutes ces péripéties, nous entrons enfin au Népal... et nous voila maintenant transporté dans le futur. Et oui, ici c'est l'année 2071! Mais ça s'arrête à une histoire de date, l'environnement ne nous inspire pas vraiment le futur, et pourtant nous sommes seulement resté dans la capitale pour l'instant! Katmandou est sillonnée de routes goudronnées mais quand même pleine de terre, d'ou son petit surnom «Kathmandou la poussiéreuse» et nous comprenons pourquoi!
A notre arrivée, nous prenons une journée de repos, puis nous partons à la découverte de la culture du pays au sein d'un volontariat. C'est ainsi que nous nous sommes installés dans un orphelinat, dans le quartier de «Balaju», un petit peu excentré. Entre chemins de terres (la maison n'est accessible qu'à pied), coupure de courant et d'eau souvent plus de 10h par jour...nous ne nous sentons pas en 2071! En effet avoir le courant est ici un luxe, mais avoir l'électricité et l'eau courante en même temps n'arrive que rarement. Cela n'empêche pas qu'il y fait bon vivre, et que tout le monde s'adapte à ces conditions anormales d'un point de vue européen !
Ici c'est une grande famille : un couple à la retraite (surnommé oncle et tante) et leur deux filles, accueillent onze enfants qui ont entre 5 et 14 ans. Bhumesh, Bijay, Amisha, Nikita, Promod, Shiva, Anita, Sajan, Nisha, Seema et Susmita. Tous arrivés ici après des histoires de familles compliqués, quand famille ils ont. Des aides supplémentaires, sont régulièrement donné par des volontaires de passage. Nous sommes actuellement quatres, accompagnés de Catherine venant du Danemark et de Yams venant d'Allemagne.
Nous restons auprès des enfants la matinée et la fin de journée; avant et après l'ecole.
Il y a les moments d'aide aux devoirs : tous étalés sur le sol de la chambre des garçons, dans un désordre plutôt ordonné vu le nombre de cahiers et livres jonchant le sol! Nous découvrons des cours semblables aux notres, mais aussi beaucoup d'autres portant sur l'hygiène de vie quotidienne, le respect des autres, de l'environnement, des religions des castes et même des exercices de yoga. Ces moments de travail sont souvent ponctué des tours de magie de Bijay, des démonstrations de Beak Danse par Shiva, des parties de cache-cache de Bhumesh (qui est en général caché sous le lit), les théories d'Amicha sur le jeu «pierre-feuille-ciseaux», les massages d'Anita, les théorie de Sajan pour fabriquer du calque avec du papier et de l'huile aux oignons; et bien d'autres... Sans oublier les parties endiablées de jeux sportifs dans la cours! Notamment le limbo, où Promod et Nisha font preuve d'incroyable souplesse.
Au fil des jours, Mathilde à trouvée une activité supplémentaire. Lorsqu'une des filles à repéré quelle savait coudre, elle n'a pas manqué de demander un peu d'aide et les autres enfants on suivis... C'est partis pour le raccommodage des déchirures de pantalons, des chemises d'école, reboutonnage des vêtements... Armée de fils et d'aiguilles Mathilde a essayé de rendre la garde robe des enfants «presque» neuve.
De plus, nos talents de chanteurs ont encore fait mouche! Les enfants nous demandent plusieurs fois par jour le «Jungle song», chant que nous avions composés en Inde. Enfin, c'est sûrement plus la chanson qui leur plait que notre voix douce et mélodieuse.
Le samedi nous sommes avec les enfants toute la journée. C'est aussi le jour de la grande lessive, seul moment de la semaine ou les enfants ne portent pas leur unique uniforme. Bien sur il n'y a pas d'électricité, donc pas de machine à laver possible. Et bien sur, il n'y a pas d'eau aujourd'hui... Seema (la plus grande des enfants) et Mathilde s'attellent donc à la lessive à la main, avec un fond d'eau restant dans une bassine. Pendant ce temps, Julien et la moitié de la troupe partent en expédition avec un certain nombre de bidons vides, afin d'aller chercher l'eau potable de la semaine à 20 mn de marche de là. L'expédition prendra finalement 3h. En effet, arrivés à la fontaine nous comprenons qu'il y a une file de bidons qui attendent d'être remplis. Sans compter les personnes s'intercalant dans la queue. Nous en profitons donc pour observer la vie de la fontaine, entre les femmes lavant leur linges, celles venant faire leur toilette, celle remplissant leur bidons et ayant décidés qu'elles n'attendraient pas et celle se mettant calmement à la queue et profitant du temps pour se raconter les derniers potins. Nous observons également leur méthode de transport de gros bidons. Le foulard noué à l'anse du bidon est positionné sur le front, tandis que le bidon se trouve dans le dos. Malgré des personnes plus patientes que d'autre et au vu du temps d'attente, les frictions sont plutôt rare et l'ambiance plutôt détendue. Nous ramenerons finalement environ 80l d'eau potable pour la semaine. A notre retour c'est l'heure de la douche hebdomadaire, tous les enfants se mettent en sous vêtements et passe sous l'eau froide dans la cours. Après un frottage vigoureux au savon et un rinçage revigorant, c'est l'heure de la course à la serviette pour se sécher!
Nous profitons souvent du repas du midi pour diversifier un peu notre nourriture. En effet, le plat du matin et du soir est le plat national le «dhal bat», composé de beaucoup de riz, agrémenté de dhal (une sauce aux lentilles) avec une cuillère de légumes. Nous nous faisons donc une religion d'aller le midi déguster des «momos», raviolis cuit à la vapeur, fourrés aux légumes ou au buffle (le boeuf ne se mangeant bien évidement pas dans un pays principalement Hindou), ou des «chowmeins», noddles revenues a la poêle avec des légumes.
Puis vient le jour de l'anniversaire de Julien. Dès le reveil les enfants s'empressent tous de lui fêter un happy birthday. Nous concevons pour l'occasion un gateau au chocolat et à la banane. La difficulté du moment étant l'absence de four dans cette maison. Nous trouvons donc une recette sans four à base de biscuit broyés. La présentation ne nous convient pas tout à fait, mais le gâteau est très apprécié et ne fait pas un pli. Le soir, pour l'occasion, nous aurons la chance d'avoir un petit spectacle de chants et de danses traditionnelles des enfants accompagnés de percussions par le père de famille. Tout ceci suivi de remise de dessins à Julien par chaque enfant. Un anniversaire mémorable et encore une bonne leçon de partage de la part de ces enfants au passé peu glorieux.
En parallèle de cette vie à l'orphelinat, nous profitons du temps d'école pour explorer «La poussiéreuse Kathmandu». Nous nous déplaçons au moyen des micro-bus locaux. Mini-bus initialement fait pour une quinzaine de place mais ou il n'est pas rare de se retrouver à presque 30 et même parfois debout (un bien grand mot lorsque l'on connaît la hauteur du véhicule).
De la ville nous voyons à peine les montagnes, mais c'est le paradis du randonneur à petit budget, où les magasins remplis de north face contrefait pullulent. Nous en profitons donc pour parfaire notre équipement en vu de notre futur trek, voir même plus que nécessaire.
Nous profitons également d'une journée avec «oncle et tante», pour visiter quelques lieux religieux connus de Kathmandou. Le mixe entre Hindouisme et Bouddhisme Tibétain se font resentir dans le pays. Nous serons pourtant étonné d'apprendre que 80% des Népalais sont Hindou et seulement 10% Bouddhiste Tibétain. Nous imaginions une répartition plus équilibrée.
Ce jour de visite, nous commençons par le temple Hindou «Pashupati». Sur les hauteurs nous trouvons nombreuses stupas où viennent s'installer des «Holly Man», aux cheveux longs, maquillés et drapés d'étoffes oranges. Certains sont de vrai Saint Hommes, d'autres cherchent juste à attirer les touristes pour des photos (payantes). En contrebas, le long de la rivière, plusieurs emplacement sont occupé pour bruler le corps des défunts à ciel ouvert. Sur le lit de la rivière nombreux autres rituels sont en cours...
Puis nous partons vers «Boudha Nath», symbole népalais de la religion bouddhiste tibétaine. Nous entrons sur une place, avec une gigantesques stupa d'où flottent des centaines de drapeaux à prière. Les sons de la prière «Om mani padme hum» résonnent de partout, les croyant tournent autour de la stupa en actionnant les multiples moulins à prière. Puis nous passons quelques temps à l'intérieur du temple, pour admirer la dense décoration au rythme des prières et de la musique des moines.
Viens ensuite pour nous le temps de quitter la capitale... Après un au revoir douloureux avec ces enfants si attachants et jovial, nous partons pour la découverte des plus hauts monts du monde!
vendredi 18 avril 2014
L'Inde du Nord, entre montagne, bazards et palais des mille et une nuits!
Namaste!
Après avoir quitté le sud de l'Inde, notre faisons escale dans la région du Rajasthan. En arrivant à la gare nous comprenons que nous sommes maintenant dans le Nord de l'Inde, et qu'ici le rapport au touriste est quelque peu différent. Nous sortons à peine réveillés de notre train, un paquet de biscuits à la main, lorsque 4 enfants viennent s'aglutiner à nous, dans l'espoir de partager notre petit déjeuner. Nous nous dirigeons vers les tuk-tuk qui nous assayent littéralement, nous proposant des prix sans commune mesure avec la nature du trajet. Une fois montés dans un tuk-tuk raisonnable, nous partons vers la gare de bus afin d'attraper un dernier transport pour atteindre notre objectif : la ville d'Udaipur. Mais une dernière épreuve nous attend : la bureaucratie Indienne. A la gare, on nous indique l'heure de départ du bus et on nous explique que l'on ne peux pas acheter le billet plus d'un quart d'heure avant le départ du bus. Nous patientons jusqu'à l'heure dite, puis nous partons retenter notre chance. Nous essuiyons un nouveau refus : «non, revenez dans dix minutes» sans plus d'explications. Dix minutes plus tard rebelotte, et toujours pas d'explications. Ainsi de suite, jusqu'à ce qu'un Indien, voulant aller au même endroit, s'énerve qu'on le face tourner en bourrique. Il arrive à tirer quelques informations : le bus n'étant pas encore arrivé il ne peuvent pas vendre le billet ... Et oui les indiens n'éprouvent jamais le besoin de donner des explications.
Après toutes ces péripéties nous arrivons enfin à Udaipur. Nous passons quelques jours à découvrir ce lieu, où l'ambiance de l'ancien temps des Maharajahs et Maharanahs est encore très présente. La ville entoure un grand lac central, elle est construite sur un étonnant relief, où de nombreuses petites ruelles montent et descendent en tout sens. Le tout est surplombée par un ancien palais, dont la visite nous a transporté au beau milieu des contes des mille et une nuit. En effet, nous avons été subjugué par le luxe et la richesse des peinture et mosaïques. En contrebas, sur le lac deux autres palais, anciennes habitations d'été du Maharanaha sont installés sur des îles, servant aujourd'hui d'hotel à très haut standing. Les murs de la ville sont teinté de nombreuses fresques, représentant les anciennes processions, à cheval, à dos d'éléphants... Nous découvrons les petites ruelles, croisant au coin des rues chèvres ou vaches sacrées se baladant. Le dimanche, journée du grand lavage, les femmes font la lessive dans l'entrée de la maison, ainsi que le ménage à grandes eau, tant et si bien que des litres d'eau sortent par les portes des maisons, dévalent les escaliers et transformant les ruelles en torrent! Nous y faisont également notre premier vrai bazar. Ou vendeurs de fruits et légumes, boutiques de vêtements, côtoient les hangars à bestiaux. Nous admirons les nombreux marchands de thé et d'épices en vrac, aux étals joliment colorés! Nous croisons également l'artisanat du Rajasthan, les poteries brutes et les patchwork très colorés parsemé de teintes dorées... Mais nous allons vite comprendre que ce bazar est très très paisible, comparé à la suite de notre périple!
Viens ensuite pour nous le temps de rejoindre la capitale! Delhi, nous a transporté, à nos yeux, dans la «vraie Inde», celle que nous nous imaginions. Celle des innombrables romans que nous avions lus sur ce pays, avant d'y mettre réellement les pieds.
Notre expérience la plus marquante sera notre journée dans les bazars. Et on a vite compris pourquoi on appel ça «bazar»! Une vraie fourmilière qui semblent complètement désorganisée et beaucoup, beaucoup de gens : dans les boutiques, sur les trottoirs, dans les ruelles à peine assez large pour se croiser. Ces goulots où sombrent dans les profondeurs du bazar les acheteurs, les habitants, les vendeurs portant leurs lourdes marchandises sur la tête... La route principale est juste un amassement de véhicules, au désordre sans nom : voitures, scooter, rickshaws, charrettes tiré par des boeufs, d'autres tirées et poussées à bras d'homme, des tuk-tuk, tout ça au sons des klaxons incessants. Certains lieux nous font penser à des images d'exode, où chacun est perdu, où rien n'est coordonné, anticipé...sauf qu'ici c'est comme ça tout les jours!
Il y a tellement de stimulations visuelles, oditives, olfactives qu'il est presque impossible de comprendre tout ce qu'il se passe dans le seul mètre carré nous entourant!
Nous en profitons pour aller visiter les imposants vestiges de l'empereur Mughal : la mosquée Al jama-masjid et l'énorme fort rouge qui malheureusement a beaucoup perdu de son faste et des ses beauté d'antan.
Après ces quelques jours hors du temps mais tellement épuisants, nous partons de Delhi en train pour Dehra-dun. C'est dans ce train que nous rencontrerons Ramon, un chilien extraverti qui se rend au même endroit que nous. Arrivés à la gare de nuit, nous décidons de prendre un Tuk-tuk ensemble pour se faire conduire à un hotel. Le conducteur comprend vite que nous n'avons pas d'adresse précise, et nous emmène là où il obtient de bonnes commissions. Arrivés au premier hotel, nous lui expliquons que les prix sont trop élevé, alors qu'on lui avait préciser notre budget avant. Il repart pour nous emmener à un deuxième hotel au même prix, puis un troisième. Au vu de l'incompréhension nous lui demandons de nous déposer à une intersection de rue. Il refuse et nous ramène à la gare sans nous faire payer... Allez comprendre !!! Cependant la conspiration indienne ne nous lâchera pas de la soirée. Nous commençons ensuite notre tournée des hotels par nos propres moyens. Le premier refuse d'acceuillir des étrangers, le second nous donne des prix complètement délirant, tout comme les suivants. Nous retrouvons une lueur d'espoir quand un marchand ambulant nous indique une guesthouse normalement moins chère. Lorsque nous nous y présentons, nous avons le sentiment qu'elle est en travaux, il nous propose quand même une chambre recouverte de poussière pour un prix plus élevé que les premiers hotels. Nous refusons et entrons dépités dans l'hotel très standing voisin. Nous demandons ou nous pouvons trouver une chambre dans nos prix. Après deux coup de téléphone, le manager nous envoi dans un hotel à proximité. Lorsque nous nous y présentons, nous nous rendons compte que les chambres sont loin d'être dans notre budget, ils nous expliquent qu'on nous a envoyés là car eux connaissent un hotel repondant à nos attentes. Ils passent un nouveau coup de téléphone, c'est bon ils ont trouvé une chambre pour nous, dans un autre hotel voisin. Il dépêche le cuisinier pour nous y conduire. Lorsque nous y arrivons 5 mn plus tard, le réceptionniste nous indique qu'ils sont plein, même si il y a 5 mn il a indiqué qu'il y avait de la place ... Allez comprendre!!! On continue notre tournée des hotels, toujours pleins, ou triplant notre budget... Un 4x4 grand luxe, conduit par un indien nous double en nous faisant des doigts d'honneur (signe inconnu dans la culture indienne)... Allez comprendre !!! Finalement après plusieurs heures de recherche, nous trouvons une chambre pour trois. Elle est assez chère mais nous acceptons en désespoir de cause et le manager nous fait un prix. Lorsque nous voyons l'état lamentable de la chambre, nous appelons la réception pour demander une nouvelle remise. Nous trouvons un accord, il est minuit nos estomacs crient famine. Lorsque nous redescendons pour aller manger le réceptionniste s'offusque. Nous ne pouvons aller manger, sans avoir remplis chacun trois pages de renseignements administratifs, nécessaires à chaque enregistrements à l'hotel. Nous sommes épuisés et affamés, nous demandons au réceptionniste un peu de compréhension, refusons et partons manger, l'administratif attendra. Voila une histoire qui explique comment certaines personnes perdent la boule, ou croient à une conspiration en Inde !!!
Le lendemain, en compagnie de Ramon, nous partons nous enfermer dans un centre de méditation bouddhiste, pour dix jours. Les règles y sont strictes : interdiction de parler à quiconque, ni d'échanger un signe ou un regard. Tous les objets électroniques ou livres nous sont confisqués. Et les filles sont séparées des garçons, chacun dans son quartier respectif. Au programme, dix heures de méditation par jour et 1h30 de philosophie bouddhiste! Et oui on à presque réussi à s'asseoir en tailleur, non sans douleur, pendant tout ce temps. Tous les matins réveil au son du gong et des cloches à 4h du mat (Mathilde a raté le reveil au moins trois matins !!!), petit déjeuner indien à 6h30 et repas du midi à 11h. En guise de repas du soir il nous est offert une collation à 17h avec un thé. Enfin bon, tout pour nous transformer en vrai petit moine bouddhiste. Expérience intéressante de se retrouver dix jours dans sa tête avec soi même. Chacun de nous deux a vécu quelque chose de bien différent, mais rassurez vous, on a pas subit de lavage de cerveau, on ira pas faire la guerre sainte demain, et même avec beaucoup de concentration on a pas réussi à se mettre en lévitation sur notre coussin :-(.
Pour se remettre de nos émotions et rester dans le bain nous décidons de partir près de Dharamsala à Mcleod-ganj sur les pentes de l'Himalaya. Endroit le plus tibétain de l'Inde. En effet il s'agit du lieu de résidence du gouvernement Tibétain en exile depuis maintenant presque 50 ans. Sa sainteté le 14e Dalaï Lama étant parti en déplacement au Japon, nous n'aurons pas l'occasion d'assister à une de ses conférences. Cependant nous profitons de ce petit air de Lhasa qui flotte dans l'air frais à presque 2000m d'altitude. De nombreux moines tibétain déambulent dans les rues, avec leur chapelet, tandis que le palais du gouvernement est le lieu de rituels traditionnels intéressants avec des prières rythmées d'interludes musicaux. Nous élisons résidence à Dharamkot, petit village très calme perché sur les hauteurs avec vue imprenable sur les montagnes. L'ambiance entre vie locale traditionnelle, et tourisme hippy y est très agréable et bien différente d'autre endroit de l'Inde. Une fois de plus nous sommes rattrapés par la tourista. Nous en profitons donc pour nous remettre tranquillement sur pieds, avec de bons livres et quelques ballades entre les villages et en montagne, car ici tout se fait à pied. Nous arpentons des sentiers surplombant la vallée, au milieu d'énormes rhododendrons en fleurs, traversant névés en compagnies de mules et leurs maitres montant leurs victuailles en haut de la montagne. De quoi nous préparer tranquillement pour le Népal!

































