Namaste!
Après avoir quitté le sud de l'Inde, notre faisons escale dans la région du Rajasthan. En arrivant à la gare nous comprenons que nous sommes maintenant dans le Nord de l'Inde, et qu'ici le rapport au touriste est quelque peu différent. Nous sortons à peine réveillés de notre train, un paquet de biscuits à la main, lorsque 4 enfants viennent s'aglutiner à nous, dans l'espoir de partager notre petit déjeuner. Nous nous dirigeons vers les tuk-tuk qui nous assayent littéralement, nous proposant des prix sans commune mesure avec la nature du trajet. Une fois montés dans un tuk-tuk raisonnable, nous partons vers la gare de bus afin d'attraper un dernier transport pour atteindre notre objectif : la ville d'Udaipur. Mais une dernière épreuve nous attend : la bureaucratie Indienne. A la gare, on nous indique l'heure de départ du bus et on nous explique que l'on ne peux pas acheter le billet plus d'un quart d'heure avant le départ du bus. Nous patientons jusqu'à l'heure dite, puis nous partons retenter notre chance. Nous essuiyons un nouveau refus : «non, revenez dans dix minutes» sans plus d'explications. Dix minutes plus tard rebelotte, et toujours pas d'explications. Ainsi de suite, jusqu'à ce qu'un Indien, voulant aller au même endroit, s'énerve qu'on le face tourner en bourrique. Il arrive à tirer quelques informations : le bus n'étant pas encore arrivé il ne peuvent pas vendre le billet ... Et oui les indiens n'éprouvent jamais le besoin de donner des explications.
Après toutes ces péripéties nous arrivons enfin à Udaipur. Nous passons quelques jours à découvrir ce lieu, où l'ambiance de l'ancien temps des Maharajahs et Maharanahs est encore très présente. La ville entoure un grand lac central, elle est construite sur un étonnant relief, où de nombreuses petites ruelles montent et descendent en tout sens. Le tout est surplombée par un ancien palais, dont la visite nous a transporté au beau milieu des contes des mille et une nuit. En effet, nous avons été subjugué par le luxe et la richesse des peinture et mosaïques. En contrebas, sur le lac deux autres palais, anciennes habitations d'été du Maharanaha sont installés sur des îles, servant aujourd'hui d'hotel à très haut standing. Les murs de la ville sont teinté de nombreuses fresques, représentant les anciennes processions, à cheval, à dos d'éléphants... Nous découvrons les petites ruelles, croisant au coin des rues chèvres ou vaches sacrées se baladant. Le dimanche, journée du grand lavage, les femmes font la lessive dans l'entrée de la maison, ainsi que le ménage à grandes eau, tant et si bien que des litres d'eau sortent par les portes des maisons, dévalent les escaliers et transformant les ruelles en torrent! Nous y faisont également notre premier vrai bazar. Ou vendeurs de fruits et légumes, boutiques de vêtements, côtoient les hangars à bestiaux. Nous admirons les nombreux marchands de thé et d'épices en vrac, aux étals joliment colorés! Nous croisons également l'artisanat du Rajasthan, les poteries brutes et les patchwork très colorés parsemé de teintes dorées... Mais nous allons vite comprendre que ce bazar est très très paisible, comparé à la suite de notre périple!
Viens ensuite pour nous le temps de rejoindre la capitale! Delhi, nous a transporté, à nos yeux, dans la «vraie Inde», celle que nous nous imaginions. Celle des innombrables romans que nous avions lus sur ce pays, avant d'y mettre réellement les pieds.
Notre expérience la plus marquante sera notre journée dans les bazars. Et on a vite compris pourquoi on appel ça «bazar»! Une vraie fourmilière qui semblent complètement désorganisée et beaucoup, beaucoup de gens : dans les boutiques, sur les trottoirs, dans les ruelles à peine assez large pour se croiser. Ces goulots où sombrent dans les profondeurs du bazar les acheteurs, les habitants, les vendeurs portant leurs lourdes marchandises sur la tête... La route principale est juste un amassement de véhicules, au désordre sans nom : voitures, scooter, rickshaws, charrettes tiré par des boeufs, d'autres tirées et poussées à bras d'homme, des tuk-tuk, tout ça au sons des klaxons incessants. Certains lieux nous font penser à des images d'exode, où chacun est perdu, où rien n'est coordonné, anticipé...sauf qu'ici c'est comme ça tout les jours!
Il y a tellement de stimulations visuelles, oditives, olfactives qu'il est presque impossible de comprendre tout ce qu'il se passe dans le seul mètre carré nous entourant!
Nous en profitons pour aller visiter les imposants vestiges de l'empereur Mughal : la mosquée Al jama-masjid et l'énorme fort rouge qui malheureusement a beaucoup perdu de son faste et des ses beauté d'antan.
Après ces quelques jours hors du temps mais tellement épuisants, nous partons de Delhi en train pour Dehra-dun. C'est dans ce train que nous rencontrerons Ramon, un chilien extraverti qui se rend au même endroit que nous. Arrivés à la gare de nuit, nous décidons de prendre un Tuk-tuk ensemble pour se faire conduire à un hotel. Le conducteur comprend vite que nous n'avons pas d'adresse précise, et nous emmène là où il obtient de bonnes commissions. Arrivés au premier hotel, nous lui expliquons que les prix sont trop élevé, alors qu'on lui avait préciser notre budget avant. Il repart pour nous emmener à un deuxième hotel au même prix, puis un troisième. Au vu de l'incompréhension nous lui demandons de nous déposer à une intersection de rue. Il refuse et nous ramène à la gare sans nous faire payer... Allez comprendre !!! Cependant la conspiration indienne ne nous lâchera pas de la soirée. Nous commençons ensuite notre tournée des hotels par nos propres moyens. Le premier refuse d'acceuillir des étrangers, le second nous donne des prix complètement délirant, tout comme les suivants. Nous retrouvons une lueur d'espoir quand un marchand ambulant nous indique une guesthouse normalement moins chère. Lorsque nous nous y présentons, nous avons le sentiment qu'elle est en travaux, il nous propose quand même une chambre recouverte de poussière pour un prix plus élevé que les premiers hotels. Nous refusons et entrons dépités dans l'hotel très standing voisin. Nous demandons ou nous pouvons trouver une chambre dans nos prix. Après deux coup de téléphone, le manager nous envoi dans un hotel à proximité. Lorsque nous nous y présentons, nous nous rendons compte que les chambres sont loin d'être dans notre budget, ils nous expliquent qu'on nous a envoyés là car eux connaissent un hotel repondant à nos attentes. Ils passent un nouveau coup de téléphone, c'est bon ils ont trouvé une chambre pour nous, dans un autre hotel voisin. Il dépêche le cuisinier pour nous y conduire. Lorsque nous y arrivons 5 mn plus tard, le réceptionniste nous indique qu'ils sont plein, même si il y a 5 mn il a indiqué qu'il y avait de la place ... Allez comprendre!!! On continue notre tournée des hotels, toujours pleins, ou triplant notre budget... Un 4x4 grand luxe, conduit par un indien nous double en nous faisant des doigts d'honneur (signe inconnu dans la culture indienne)... Allez comprendre !!! Finalement après plusieurs heures de recherche, nous trouvons une chambre pour trois. Elle est assez chère mais nous acceptons en désespoir de cause et le manager nous fait un prix. Lorsque nous voyons l'état lamentable de la chambre, nous appelons la réception pour demander une nouvelle remise. Nous trouvons un accord, il est minuit nos estomacs crient famine. Lorsque nous redescendons pour aller manger le réceptionniste s'offusque. Nous ne pouvons aller manger, sans avoir remplis chacun trois pages de renseignements administratifs, nécessaires à chaque enregistrements à l'hotel. Nous sommes épuisés et affamés, nous demandons au réceptionniste un peu de compréhension, refusons et partons manger, l'administratif attendra. Voila une histoire qui explique comment certaines personnes perdent la boule, ou croient à une conspiration en Inde !!!
Le lendemain, en compagnie de Ramon, nous partons nous enfermer dans un centre de méditation bouddhiste, pour dix jours. Les règles y sont strictes : interdiction de parler à quiconque, ni d'échanger un signe ou un regard. Tous les objets électroniques ou livres nous sont confisqués. Et les filles sont séparées des garçons, chacun dans son quartier respectif. Au programme, dix heures de méditation par jour et 1h30 de philosophie bouddhiste! Et oui on à presque réussi à s'asseoir en tailleur, non sans douleur, pendant tout ce temps. Tous les matins réveil au son du gong et des cloches à 4h du mat (Mathilde a raté le reveil au moins trois matins !!!), petit déjeuner indien à 6h30 et repas du midi à 11h. En guise de repas du soir il nous est offert une collation à 17h avec un thé. Enfin bon, tout pour nous transformer en vrai petit moine bouddhiste. Expérience intéressante de se retrouver dix jours dans sa tête avec soi même. Chacun de nous deux a vécu quelque chose de bien différent, mais rassurez vous, on a pas subit de lavage de cerveau, on ira pas faire la guerre sainte demain, et même avec beaucoup de concentration on a pas réussi à se mettre en lévitation sur notre coussin :-(.
Pour se remettre de nos émotions et rester dans le bain nous décidons de partir près de Dharamsala à Mcleod-ganj sur les pentes de l'Himalaya. Endroit le plus tibétain de l'Inde. En effet il s'agit du lieu de résidence du gouvernement Tibétain en exile depuis maintenant presque 50 ans. Sa sainteté le 14e Dalaï Lama étant parti en déplacement au Japon, nous n'aurons pas l'occasion d'assister à une de ses conférences. Cependant nous profitons de ce petit air de Lhasa qui flotte dans l'air frais à presque 2000m d'altitude. De nombreux moines tibétain déambulent dans les rues, avec leur chapelet, tandis que le palais du gouvernement est le lieu de rituels traditionnels intéressants avec des prières rythmées d'interludes musicaux. Nous élisons résidence à Dharamkot, petit village très calme perché sur les hauteurs avec vue imprenable sur les montagnes. L'ambiance entre vie locale traditionnelle, et tourisme hippy y est très agréable et bien différente d'autre endroit de l'Inde. Une fois de plus nous sommes rattrapés par la tourista. Nous en profitons donc pour nous remettre tranquillement sur pieds, avec de bons livres et quelques ballades entre les villages et en montagne, car ici tout se fait à pied. Nous arpentons des sentiers surplombant la vallée, au milieu d'énormes rhododendrons en fleurs, traversant névés en compagnies de mules et leurs maitres montant leurs victuailles en haut de la montagne. De quoi nous préparer tranquillement pour le Népal!







