jeudi 26 juin 2014

Re: Le petit mot de la fin


Bonjour à tous,

Et oui, ici on dit "bonjour", nous voila revenus en France depuis quelques jours….

Nous avons fait une première étape Européenne en Allemagne pendant 10 jours afin de nous ré-acclimater. Il n'y a pas à dire, le passage de Delhi à Munich, soulève d'incroyables changements : ce que c'est propre, calme, ça sent "rien" et on peut manger ce qu'on veut... A nous le saucisson, les lasagnes, le bon pain frais et le fromage. Et puis les retrouvailles avec la famille qui s'entament progressivement, on doit le dire, ça fait plaisir!

On en a pris plein les yeux, les narines, les oreilles et les papilles pendant 10 Mois! Sans compter toutes ces belles rencontres qui resteront longtemps gravés dans nos mémoires et que l'on a essayé de vous conter à notre manière. Alors une dernière fois on vous a mis une petite série de photo pour vous faire rêver.



Il est maintenant temps pour nous de venir se re-construire un train-train quotidien en France pas très loin de vous … à Nantes !!!

On vous dit donc, à bientôt, il est fort possible que l'on se croise au cours de nos pérégrinations de l'été en France. En tout cas une chose est sure, ça faisait longtemps que l'on n'avait pas été aussi proche de se revoir!



PS : On voulait tous vous remercier pour vos petites nouvelles, mails ou messages sur le blog tout au long de notre voyage. Quel bonheur de recevoir des petits mots de la famille et des amis aux quatre coins du monde.
Mathilde & Julien

mardi 17 juin 2014

Derniers pas en Asie : l'Inde sacrée...

Namasté!

Nous quittons le Népal et ses montagnes pour revenir en Inde, par la même frontière qu'il y à un mois. Tout se passe bien, lorsqu'un douanier népalais, nos passeports en main, nous demande entre deux notes d'humour de manière très directe et naturelle nos salaires en France. Nous tentons naïvement de lui expliquer que nous ne percevons actuellement aucun salaire. Il en deduit après quelques incompréhensions et à notre grand soulagement, que nous sommes à la charge de nos parents et nous rends nos précieux sésames, sans demander de bakchich, ouf.

La frontière passée, nous partons en direction de Varanasi, dans un bus public Indien, sous une chaleur de fin de journée. C'est lors d'un de nos arrêt nocturnes, pour une pause toilette indienne - au milieu de nulle part sans toilette ni lumière - que Julien fera l'expérience de s'éloigner un peu trop du bus. Lors de son retour, par manque de lumière il se retrouvera les deux pieds jusqu'aux chevilles dans une boue noire visqueuse et odorante à l'aspect douteux. Une bouteille d'eau versée sur chaque pied à la va vite avant que le bus reparte permettrons de rendre la fin du trajet supportable. C'est donc sous notre meilleure étoile que nous arrivons à 4h du matin dans la ville sainte de Varanasi (Bénarès). Nous avons la chance de trouver à cette heure un conducteur de Rickshaw d'une serviabilité déconcertante, qui après nous avoir conduit dans la vieille ville, abandonnera son véhicule pour nous guider au travers du dédale de ruelles étroites entre vaches endormies, chiens errants, bouses et déchets pour nous amener dans l'hôtel de notre choix sans même prendre de commission.

Nous nous installons dans cette petite auberge, nichée au bord du Gange sacré, au plus prêt des activités religieuses hindoues, que nous découvrirons dès le lendemain.
En effet, à l'image de la Mecque pour les Musulmans, tout Hindou se doit de faire son pèlerinage à Bénarès une fois dans sa vie. Ce pèlerinage consiste à s'immerger plusieurs fois dans le fleuve et à boire l'eau sacrée du Gange afin de se purifier et cela malgré la propreté plus que douteuse de celui-ci. On peux ainsi voir de nombreux indiens au bord du Ganges procéder à ces ablutions mais également se laver de la tête aux pieds, se brosser les dents, faire leur lessive, sans compter les longues parties de baignades, qui pour les plus jeunes s'accompagne d'apprentissage de la nage, un bidon en plastique accroché dans le dos faisant office de bouée... Pour sûr les ghats : innombrables marches descendant jusqu'au Gange, grouillent de vie en tout genre. Sont aussi présent, les oracles installés en tailleur à l'ombre de leur parasols. Ils sont consultés par les pèlerins pour la prière de purification mais également afin de prédire l'avenir!

Certain ghat, sont également dédiés à la crémation, car mourir et être brûlé à Varanasi est le rêve de tout hindou, puisque cela libère du cycle de réincarnation et permet d'atteindre le Paradis. Nous croisons ainsi régulièrement des cortèges funéraires, amenant leurs défunts au bucher, afin de les brûler en plein air au bords du fleuve sacré, pour y libérer leur âme. Sans compter que certains privilégiés : hommes saints, gourous, enfants, personnes ayant été mordu par un Cobra (animal sacré) et vaches sont jetés directement dans le fleuve sans crémation, améliorant la qualité de l'eau et l'aspect visuel et odorant de ses berges. Ces lieux de crémation, au centre de la religion hindou, nous inspirent personnellement plutôt une idée d'enfer sur terre. Le plus proche parent du défunt se fait raser la tête gardant uniquement une touffe de cheveux à l'arrière du crâne puis fait trois tour du bûcher avant de l'enflammer. Les ruelles alentours sont remplies de bois prêt à l'utilisation, les bûchers de crémations brûlent à longeur du journée sur les bords du fleuve... Comme pour toute chose en Indes, chacun a sa place, les personnes de caste importante sont brûlées sur un promontoire, auprès du temple, tandis que les basses castes se retrouvent au plus bas prêt du fleuve. Comme quoi, il ne faut pas oublier la place de chacun, même jusqu'à la mort!
D'autres Ghat sont la scène de spectacles rituels moins sensibles. C'est sur Dashashwamedh ghat, qu'à la tombée de la nuit se rassemble des centaines de personnes sur les berges et sur le fleuve à bord de barques pleines à craquer, pour assister à la prière de purification : Puja. Au rythme de la musique traditionnelle, des brahmanes (prêtres) exécutent des danses et mouvements ritualisées face au fleuve sacré, utilisant bougie et autre objet sacré mettant en valeur leurs mouvements. Même pour nous, non hindous, ce moment nous semble fort et chargé de sérénité.

Nous découvrirons d'ailleurs au fil de nos rencontres et discussions que, outre les hindous, le Gange et Varanasi, ont une connotations religieuse et sacrée pour tous les Indiens quelque soit leurs dieux. Plus qu'une histoire de religion, c'est la culture de leur pays. Nous rencontrons des chrétiens du Tamil-Nadu en pèlerinage ; des Sikhs se baignant dans les eaux sacrés ; des musulmants participant à la puja du soir pour se nourrir de la paix libérée au cours de ce moment...

En plus de toutes nos pérégrinations le long du fleuve sacré, nous explorons les nombreuses ruelles pavées de cette ville, une des plus ancienne habitée par l'homme. On s'y perd tellement qu'il y a des indications peintes sur les mur afin de s'orienter! Le marché aux étals colorés vient contraster avec les ruelles sombres et sales. On y croise vaches sacrés et chiens errants, le nez dans les détritus à la recherche de quelque restes au milieu des sacs plastiques. On alterne entre odeurs nauséabondes des caniveaux, odeurs de lait à la cardamome sortant des échoppes, et les douces odeurs émanant des étales de fleurs : de quoi ne plus savoir si l'on doit respirer ou non! Des échoppes en tout genre viennent border les ruelles. Julien aime s'arrêter pour prendre un Lassi, mélange de yaourt et de lait, agrémenté de divers fruits exotiques. La tradition est de le servir dans des pots en terre, que l'on brise dans le caniveau une fois fini.
C'est par ailleurs dans un magasins de tissus que nous expérimenteront les affaires à l'orientale. Nous sommes d'abord invités à ôter nos chaussures et à nous installer au sol sur les tapis. On nous sert ensuite le thé et les biscuits, que nous prenons en compagnie de notre hôte en discutant tranquillement de l'actualité du pays et de nos visites en Inde... Le thé terminé,  les affaires commencent, des bacs entiers de tissus sont étalés sur les tapis du sol et les mérites de chaque étoffe et leurs couleurs et motifs allègrement vantés...

Nous quittons ensuite Varanasi en direction d'Agra. Nous attendrons notre train une après-midi complète. Ceci nous laissera le loisir de profiter une dernière fois de l'ambiance haute en couleur et en histoire des gares indiennes. Nous ne nous lassons pas d'observer vendeurs ambulants, enfants récoltants le plastique, mendiants, vaches sur les quais, porteurs et leurs montagnes de baggages, centaines de familles installées au sol pour attendre, voyageurs se ruant dans les trains et trains bondés passant à une vitesse d'escargot et les centaines de visages aux yeux écarquillés aux portes et fenêtres... Puis avec plus de 4h de retard nous partons en train (bien plus confortable que le bus!!) pour une dernière nuit dans les transports Indien.

C'est en arrivant à Agra que nous prenons conscience que les étroites ruelles de Varanasi nous avaient préservé de la chaleur jusque là. Les vrais températures se révèlent alors à nous. L'Inde était déjà chaude il y a un mois, mais nous sommes maintenant à la période la plus chaude de l'année, juste avant la mousson. Des températures de plus de 45-48°C viennent nous assommer. Nous essayons une première nuit une chambre avec ventilateur, mais impossible, notre corps n'est pas capable de supporter cette chaleur, nous déménageons le lendemain pour une chambre climatisée. Nous optons donc pour des réveils matinaux afin de visiter la ville, et découvrons qu'à 5-6h du matin la vie bat son plein dans les parcs d'Agra : Les femmes se rassemblent pour des moments de prières, les jeunes jouent au cricket et au Badminton, tandis que certains hommes font leur footing ou leur séance de Taichi... Puis tout le monde quittera les lieux progressivement pour laisser place nette vers 9h. En effet, à partir de 7h, le soleil cogne déjà très fort et nous vissons nos chapeau sur notre tête pour éviter l'insolation et à 9-10h plus question de trainer dehors, la fraîcheur des habitation invite tout le monde à rentrer! C'est ensuite vers 17h que les villes reprennnent vie.
Autant vous dire que nous avons pris un petit rythme. A l'hôtel nous prenons le temps de regarder les clips de Bollywood, d'un dynamisme et d'une chorégraphie bien propre à la culture indienne. L'étonnant est que le principale sujet de ces clip sont des romance amoureuse, dans un pays ou le mariage arrangé est une évidence et laisse peu de place au mariage sentimentaux.
Notre route à Agra nous a surtout amenés au pied du fameux Taj-Mahal, ce chef d'oeuvre d'architecture en marbre blanc où chaque détail se révéle être une merveille d'artisanat. Ce mausolée construit par l'empereur Shah Jahan en l'honneur de sa femme décédée renvoi un aspect de douce perfection. Nous visitons également le fort rouge, beaucoup mieux conservé que celui de Delhi. Ces monuments nous transportent sur les traces de l'ancien empire Moghol, à l'époque ou sa puissance rayonnait sur une bonne partie du continent asiatique.

Nous continuons également nos expérimentation culinaires. Lors de notre première venue en Inde nous avions mangé beaucoup de «Thalis» : plat à base de riz et de chapatis, agrémenté de différentes sauces aux légumes, lentilles... épicés bien sur.
Cette fois ci, nous essayons nombreux repas de «paneer». Ces plat de légumes en sauce, accompagnés de paneer fromage non fermenté, est mangé avec des chapatis (galette de blé plates) que l'on vient tremper. Nous essayons celui au épinards (Palak paneer), aux champignons, aux poivrons (Kadai paneer), et bien d'autres...
Chez les vendeurs de rue, nous nous essayons au «Gol gappa» aussi appelé «Pani puri». C'est une coque de biscuit sphérique, que le vendeur perce, il y met dedans une purée de pomme de terre et pois chiche, puis verse dessus une sauce dégoulinant partout. On s'installe en cercle autour du stand, et le vendeur distribue l'en-cas à tour de role jusqu'à plus faim. On aime le concept autant que le plat ... Idéal pour un petit creux!!

Après Agra, c'est en bus climatisé que nous souhaitons rejoindre Delhi. Mais arrivé à la gare routière nous comprenons que si nous voulons rejoindre la ville avant la nuit, nous devons sauter dans le prochain bus normal. Lors de ce trajet nous comprenons ce qu'est la vraie chaleur, l'air nous brûlant le visage et les jambes, même à l'ombre. Très rapidement les fenêtres sont fermées, comme la plupart des indiens, nous enroulons notre tête dans un foulard avant de nous protéger du vent brûlant traversant la carcasse du bus. Mathilde trempera son foulard dans l'eau à chaque arrêt, afin de maintenir un peu de fraicheur, pour tenir tant bien que mal jusqu'à Delhi.

Une fois arrivé, nous retrouvons le quartier ou nous avions déjà séjournés lors de notre dernière venue. Mais la population y est bien différent, les occidentaux ont déserté avec la chaleur, les touristes à cette période sont principalement Indien, Chinois, Népalais et Israéliens.
Comme à Agra, c'est en début de soirée que la ville reprend vie, nous apercevons de notre chambre les enfants jouer sur les toits et de nombreux cerf volant s'élever dans le ciel... Au milieu de la nuit, réveillés par la chaleur étouffante dû à une coupure de courant arrêtant clim et ventilo, nous nous apercevons que les toits alentours sont remplis de familles dormant à la belle étoile, profitant de la fraîcheur relative de l'air extérieur.
Nous profitons du temps dans cette ville pour visiter l'impressionnant temple Sikh : Gurudwara Sis Ganj Sahib. Cette religion très présente dans le nord de l'Inde et réputée pour la confiance que l'on peux accorder à sa communauté. Les hommes pratiquants cette religion sont facilement repérables : ils ne coupent jamais leurs barbes et leurs cheveux, qu'ils enroulent sur leur tête et recouvrent d'un turban coloré.
Nous continuons nos explorations dans les bazars de notre quartier, ainsi qu'au marché aux épices ou les effluves assaillent notre nez, au point de nous empêcher de respirer.
Notre dernière journée à Delhi, sera bien différente. En effet, nous la consacrons à un passage dans les studios de Bollywood. Nous sommes approchés dans les rues touristiques de Delhi, les studios étant toujours en quête de blancs pour faire de la figuration. Julien jouera ainsi le rôle d'un soldat de la garde royale pour le film «Raqs». C'est l'occasion pour nous d'assister pendant une journée au tournage, vu de l'intérieur, d'un Bollywood et d'un long métrage de manière générale. Intéressant!

Puis voila le moment pour nous de quitter l'Asie, après ces huits mois à la parcourir... Nous sautons dans un avion en direction de l'Europe... Mais atterrissons dans un premier temps en Allemagne a Munich, histoire de se préparer tranquillement au grand retour en France!

On peut donc vous dire à bientôt!