lundi 23 décembre 2013

Le Nord du Viêtnam au travers de ses Parc nationaux

Xin chao,

Comme on vous le disais lors de notre dernier message, notre envie de nature nous a mené tout droit au parc national de Phong Nha. Cet espace naturel est connu pour ses grottes calcaires et ses rivières souterraines. Mais ce qui nous a le plus frappé lorsque nous y sommes arrivés, ce sont les paysages de plaine parsemés de pics en forme de pains de sucre.
Le premier jour nous louons des vélo et partons avec une médiocre carte fournie par l'office du tourisme, sans échelle ni kilométrage. Nous arrivons tant bien que mal à nous situer sur celle-ci, puis nous réalisons qu'une boucle au sein du parc national semble possible...nous voila donc partis pour cet itinéraire. Les kilomètres defilant, la route s'enfonce en pleine jungle luxuriante, grimpant des côtes à 10% et descendant des pentes abruptes. Les villages figurant sur la carte, que nous traversons, ne sont en fait que des lieux-dit d'une ou deux maisons. Nos estomacs commencant à crier famine et nous réalisons que nos chances de trouver de quoi nous restaurer s'amenuisent ... L'heure du déjeuner bien passée, nous atteignons un grand carrefour qui constitue notre dernier espoir. Mais malheureusement il n'y a pas âme qui vive. Nous décidons donc de sortir de notre boucle pour aller jusqu'au village le plus proche. Au bout des 3km indiqués, nous arrivons à un groupement de bâtiments où ne sont présent que des militaires. Nous nous y arrêtons et l'un deux, le seul ayant quelques mots d'Anglais, se dirige dans notre direction. Après qu'il ai tenté de nous conter les anecdotes historiques de ces lieux, nous arrivons à lui faire comprendre que nous recherchons de quoi manger. C'est finalement attablés sur leur terrasse, devant un bol de soupe chinoise, offert gracieusement par ce dernier, que nous reprendrons des forces. Après cet arrêt nous repartons revigoré pour la deuxième partie de notre circuit au paysage complètement différent. Nous suivons tout d'abord les gorges d'une magnifique rivière turquoise, débouchant ensuite sur un grand plateau de rizières entouré de pains de sucre calcaire. A la fin de la balade tout s'accélère pour pouvoir rendre nos vélos à 17h comme promis. Les 12 derniers kilomètres sont avalés à pleine vitesse, nous rendons les vélos in extremis à 16h50, après avoir parcourus une cinquantaine de kilomètres.

Le lendemain nous décidons de visiter la grotte de Phong Nha. Celle-ci abritant une rivière, se visite en bateau, il nous faut donc trouver d'autre personnes pour partager notre embarcation. Nous partons donc pour un sitting devant le guichet de départ, dans l'espoir de constituer un groupe. La chance ne mettra pas longtemps à nous sourire, puisqu'un groupe de 9 jeunes de toutes nationalités arrivent et nous nous joignons à eux. Après un petit quart d'heure de balade en bateau sur la rivière, nous apercevons l'entrée de la grotte. Nos conducteurs arrêtent les moteurs, pour prendre le relai à la rame. Nous pénétrons dans cette grotte majestueuse, au seul bruit de la rame dans l'eau, pour découvrir des volumes intérieurs énormes. Pendant la guerre, les Viets utilisaient cette grotte pour cacher un pont, qu'ils tractaient toute les nuits sur la rivière, pour éviter qu'il soit bombardé pendant la journée. Les concretions, mises en valeur par des lumières de diverses couleurs, sont de toute beauté.
Après une autre journée de ballade au milieu des rizières et petits villages, nous voila repartis vers le nord.

Pour la dernière semaine avant Noël, nous avions prévu de faire un woofing dans le nord du pays, dans un homestay. Malheureusement, après plusieurs échanges d'emails avec notre potentiel futur hôte, il nous envoi un document presentant le woofing. Au beau milieu de celui-ci, nous découvrons que nous devons payer un prix plus important que nos dépenses journalière depuis notre arrivée au Vietnam, en plus de travailler 5h par jours. Nous tentons d'autres demandes de woofing, en dernière minute, sans succès. C'est à ce moment là, à Hanoï, que la tourista décide de nous frapper. Nous restons cloués entre la salle de bains et la chambre pendant deux jours.

Finalement, faute de woofing nous décidons de monter en direction du parc naturel de Ba Bé (signifiant «3 lacs»), pour quelques jours. Ce parc entoure une étendue d'eau, composée de trois lacs connectés par des rivières. Le premier soir, le bus nous dépose au village de Bo Lu, où un froid de canard nous attend. Après avoir suivi un jeune garçon, qui nous fait la visite de l'auberge nous décidons de nous y installer. Nous découvrons au cours de la soirée que personne ne vit dans ce lieu et que nous sommes seul dans cette grande batisse en bois. Nous ne recroiserons d'ailleurs plus personne jusqu'à notre départ, deux nuits plus tard, et devrons laisser les billets sur le lit. Ainsi, nous profitons paisiblement de l'incroyable vue de notre terrasse. Surplombant le lac, nous observons les pêcheurs, en équilibre à l'arrière de leurs barques toutes en longueur.
Au bors de l'eau, des balades s'ouvrent à nous, entre chemins de terre, et petits villages à flan de montagnes verdoyantes. On s'y rassasie de paysages à couper le souffle! Ce sont aussi pleins d'ambiances, tel que ce petit village au fond d'une vallée ou raisonne des musiques vietnamiennes s'échappant d'une maison ; les enfants qui reviennent de l'école en discutant perchés sur leurs vélos d'adultes bien trop grands pour eux ; les transporteurs de cochons que l'on croise, deux animaux vivant ficelés sur le porte bagage de leur scooter ; les buffles et leur maître rentrant des champs le soir...

L'une de nos promenade nous mène au village de Pac Ngoi ou nous décidons de prendre notre déjeuner. Après être rentrés dans une échoppe, en essayant de faire comprendre que nous cherchions où manger, une adorable grand mère toute souriante exhibant son unique dent, nous offre le thé. Le grand père arrive ensuite et échange avec nous quelques basiques mots de Français. Nous repartons une demi heure plus tard heureux de cette rencontre, mais toujours le ventre vide. Après avoir compris qu'aucun «restaurant» n'existe dans ce petit village, nous décidons de nous adresser à la homestay suivante. Une autre adorable grand mère nous acceuille, nous expliquant qu'il n'est pas possible de manger. Après lui avoir demandé où il était possible de manger dans le village, elle nous invite à entrer chez elle et nous propose des nouilles chinoises avec un oeuf. Puis elle va de ce pas réveiller son mari de la sieste. Il s'avère que celui-ci possède quelques mots d'anglais facilitant notre compréhension mutuelle. Nous décidons donc au cours de ce repas de changer d'auberge la nuit suivante, en espérant pouvoir faire plus ample connaissance avec les propriétaires de cette authentique homestay.

Le lendemain, nous parcourrons les trois kilomètres séparant les deux villages et nous nous installons chez eux, à la homestay Hong Vinh. Nous sommes accueillis sur leur terrasses avec le fameux rituel du thé, puis nous dînons en compagnie du père. Ce dernier nous dévoile son humour et son inlassable envie de partager et d'apprendre de l'autre. Il nous montre ses cahiers de francais et d'anglais, qu'il remplis progressivement de mots appris par les gens qui passent séjourner ici. Après ce bon et copieux repas, il nous invite à venir nous réchauffer sur la natte posée auprès du feu central de la cuisine, avec le reste de la famille. Nous finissons la soirée, dans leur cuisine authentique, à deguster des boules de riz gluant sucrées, tout en continuant de converser entre mots d'anglais, de francais, de vietnamien, de mimes et de mimiques...
Le lendemain, nous partons en bateau avec le fils. Ce dernier, de notre âge, se montre timide et réservé. Nous conversons peu, mais les paysages au travers desquels il nous emmènes sont impressionnants. D'abord sur les grandes étendues du lac, puis progressivement nous nous enfonçons dans une rivière entourée de jungle abrupte accrochée à la parois rocheuse. Un espace ou seuls quelques petits villages subsistent, au milieu de cette forêt primaire ou l'homme n'a pu laisser sa trace!
Le lendemain, après un petit déjeuner composé de crêpes aux miel (plus agréable pour nos estomacs que la soupe de nouilles au boeuf), nous randonnons au milieu de petits villages de montagne, jusqu'à une cascade le matin. La deuxième partie de la journée nous amène à une grotte. Après nous avoir donnés nos billets d'entrée ils nous fournissent deux lampes de poches. Etant les seuls visiteurs nous nous retrouvons donc à nous enfoncer, seul, dans cette grotte avec nos lampes. Expérience intéressante. La journée se termine par une dernière soirée animée à notre homestay. Nous tombons sur un livret avec toutes les années et les signes chinois correspondants. Ne sachant nommer les animaux dans un langage commun, nous passons une bonne partie de la soirée à essayer de comprendre les gloussement d'animaux et mimes fait par le père. Nous tentons également, à leur demande, de leur apprendre la désignation de ces animaux en anglais et en français. Après ces quelques jours, et en ayant l'impression d'avoir pu s'immerger au coeur d'un village vietnamien, nous quittons cette adorable famille.

Nous reprenons la route vers Hanoï, où nous nous apprêtons à y retrouver quelques personnes de la famille de Mathilde, pour passer les vacances de Noël ensemble.

Nous ne réalisons toujours pas que nous sommes en décembre et que Noël approche à grands pas. Le temps que nous avons y est peut être pour quelque-chose, même si cette dernière semaine a été un peu plus fraîche pour nous (nous sommes passés certaines fois sous la barre des 10°C!!!). Le fait que nous soyons dans un pays à majorité bouddhiste est peut être un autre bonne raison. D'autre part les expériences que nous avons vécus ces derniers mois nous semblent tellement peu liées avec la vie de tous les jours que nous avions en France, que l'on en oublie les rituels. Quoi qu'il en soit nous en profitons pour vous souhaitez à tous de très belles et joyeuses fêtes de fin d'année!!!

Joyeux Noël à tous!

lundi 16 décembre 2013

Vietnam Sud : Entre delta du Mekong et villes chargés d'histoire...

Bonjour à tous,

Voila déjà trois semaines que nous avons atterris en Répulique Socialiste Vietnamienne et nous n'avions pas encore donnés de nouvelles ...

Contre toute attente nous sommes arrivé dans ce pays par avion. En effet, nous avions originellement prévu de passer par la Thailande et le Cambodge, avant d'atteindre le Vietnam, afin d'éviter l'avion. Cependant notre fonctionnement d'européen ayant des impératif de temps (et oui même en voyage ça arrive) nous a rattrapé!
Les premières images que nous avons eu du Vietnam étaient donc vu du ciel. Avant d'atterrir à Ho Chi Minh (anciennement Saigon) l'avion a survolé le delta du Mékong et nous avons pu admirer l'enchevêtrement des bras du fleuve se jetant dans la mer.

Nous sommes ensuite arrivés dans cette grande ville, à la circulation très dense. Lors de notre première traversée de boulevard, c'est d'ailleurs un Vietnamien, qui nous a guidé pour passer au travers de ce flot ininterrompu de deux roues.
A table aussi c'est une découverte culturelle. Ici les baguettes sont présentes sur toutes les tables, tandis que la soupe de nouilles au boeuf, au petit dej' (pho bo), ne facilite pas forcément le réveil de notre estomac.
La ville d'Ho Chi Minh nous a permis d'en apprendre d'avantage sur l'histoire de ce pays. Nous sommes allés visiter le musée de la mémoire de la guerre, qui illustre les abominations subied par ce peuple et notamment par l'agent Orange... Au moment de la sortie, une pluie de mousson nous à permis de «digérer» tous ce que nous venions d'apprendre, en attendant l'accalmie. Celle ci ne venant pas nous avons acheté des capes de pluie au look incontestable (juger par vous même sur les photos) et sommes rentrés à notre hôtel les pieds dans l'eau, traversant les rues devenues torrent.

Quelques jours plus tard, nous décidons de quitter Ho Chi Minh. Les explications des Vietnamiens n'étant pas aussi claire que celle des Indonésiens, auquel nous étions habitues, nous mettons quelques temps a trouver notre gare de bus, puis nous voila partis en direction du Delta du Mekong! Nous quittons la gare, ravis, avec chacun un siège dans le mini-bus. Nous pensons alors que les transports Vietnamiens seront moins sport qu'en Indonésie. Nous avons pariés trop vite! Nous embarquons plusieurs personnes quelques mètres plus loin... Puis  3 autres un peu plus tard. A ce stade, plus de place possible pour des personnes. Mais à un arrêt le chauffeur nous demande de descendre de la banquette à l'arrière et la replie pour charger des sacs de poissons. Il remet en force la moitié de cette banquette un peu penchée au dessus de ces sacs et nous fait signe de monter. Nous finissons donc le trajet tout serrés au milieu des effluves de poisson : non les transports vietnamiens ne serons pas moins folklorique...

Nous enchaînons sur un transport en mobilette et une traversée en bac, pour arriver sur la petite île de An Binh au beau milieu du Delta du Mekong. Nous y passeront trois nuits, dans trois lieux différents. Nous sommes partis de la première homestay trop bruyante, puis nous n'avons pu rester qu'une nuit dans la seconde faute de place. Finalement nous atterrissons dans une vraie homestay, bien plus rustique, mais tellement plus authentique (tout deux, seuls touristes, au milieu de la famille Vietnamienne). Ce qui restait cependant inchangé, c'était le traditionnel repas du soir, que nous avons dégusté trois fois : le poisson à oreilles d'éléphant, cuit et dégusté verticalement tel un navire à flot (le servir allongé porterait malheur aux marins). On mange sa chair roulée dans une feuille de riz avec des légumes.
Nous avons arpenté cette petite île en vélo, à la découverte des canaux, grandes rivières, chemin de terre et ponts plus ou moins scabreux. Mais le delta du Mekong se découvre surtout en bateau, ce que nous avons organisé dans la dernière homestay. Au travers de quelques mots d'anglais et nombreux gribouillages sur un papier, nous arrivons à comprendre l'heure de notre départ en bateau et sa destination, mais rien de plus. Le lendemain, nous découvrons donc le programme de notre balade. Au fil de l'eau nous nous promenons entre pêcheurs, marché flottant, bateaux de marchandises; puis nous visitons des fabriques locales.

Après avoir apprécié ce nouveau lieu, nous partons vers le nord, à Dalat. Cette ville a été construite par les collons Français, car perché en haut de la montagne il y fait bien plus frais. Nombreux Vietnamiens y portent d'ailleurs des manteaux de ski (les températures variant entre 10 et 20°C). Nous avons flâné dans le centre ville et son marché local. Entre fruits et légumes, nous y avons découvert le fruit du dragon (rose vif), des étals de différents types de riz, de café, d'oeufs en vrac... Un petit creux nous invite à y acheter un beignet à l'allure appétissante. En croquant nous découvrons du riz gluant et des pois casses...un peu loin de nos attentes de bec sucré occidentals, mais nourrissant!
Au cours de cette première journée nous rencontrons Mr Phuc, un motard avec qui nous projetons de faire une visite touristique des alentours, le lendemain. Mais au petit matin, surprise, ce sont Mr Hiep et Titi, deux autres motards qui nous attendent. Après la surprise passée, nous nous rendons à l'évidence, qu'ils parlent un meilleur Francais que Mr Phuc, qui nous les a envoyer, et nous succombons à leur humour. Nous croisons d'ailleurs Mr Phuc un peu plus tard, partant pour une promenade de trois jours avec d'autres touristes ( :D malin!!). Nous voilà donc partis, chacun à l'arrière d'une moto, sur les routes sinueuses et parfois poussiéreuses des alentours de Dalat. Les cheveux au vent nous y découvrons plusieurs pagodes bouddhistes, l'incroyable cascade de l'éléphant, des plantations de café à perte de vue, tout cela agrémenté d'explications historiques et culturelles. Nous visitons également une fabrique de soie, où nous apprecions le processus, allant de la fabrication du cocon par les vers, jusqu'à la teinte de la soie tissée. Pour l'anecdote : lors d'un arrêt, un de nos pilote soulève un drap sur un étal, pour nous faire apparaitre un chien prêt a être cuisiné... on mange toujours du chien dans certaines parties du Viêtnam.

Le lendemain nous quittons Dalat. Après un bus de nuit, agrémenté de chants Russes et Polonais (nos voisins avaient décidé de faire la fête au fond du bus) nous arrivions à Hoi An au petit matin.

Nous avons eu la chance de visiter Hoi An le jour des portes ouvertes (anniversaire du classement de la ville, au patrimoine de l'UNESCO). Cet ancien port marchand, aux allures pittoresque, nous a charmé. Nous avons parcourus en long, en large et en travers cette ville aux murs orangés et aux maisons trationnelles en bois. Nous y avons visité différents édifices de la vie communale de l'époque: pagodes, hall comunautaire, boutique, vieilles maisons...
Au détour d'une rue, un monsieur nous aborde, nous pensons, une fois de plus, qu'il souhaite nous montrer ses produits. Cependant, il nous invite à l'intérieur de sa maison et s'empresse de nous montrer un texte qu'il a écrit en français, ainsi que ses livres d'exercices. Nous essayons de communiquer lentement, mais malgré nos envies conjointes d'échanger, il semble difficile de se comprendre. C'est un schéma que nous rencontrons régulièrement au Viêtnam. Les envies de communication sont présentes, mais la barrière de la langue ne nous permet pas d'approfondir et d'en apprendre plus sur les locaux, ce qui est frustrant. Nous repartons, malgré tout, content de ce moment pour poursuivre nos explorations de la ville. Ici les bords du fleuve où se déroule un marché très actif la journée, accueillent à la nuit tombée des centaines de lanternes colorées...

Nous sommes ensuite montés quelques jours à Hué, pour visiter la cité imperiale et partir en vélo à la découvertes des pagodes alentours..

Après la visite de toutes ces villes, notre envie de nature nous rattrape au galops et nous filons vers le parc naturel de Phong Nha...la suite au prochain épisodes!