Sabaidee,
Notre train train pas quotidien se poursuit en Asie du Sud-Est. Après le Viêtnam nous avons ensuite mis le cap en direction du Laos.
Le bus nous dépose au réveil à la frontière Vietnam-Laos au niveau de Nam-Phao. Notre marche matinale se passera aujourd'hui dans un no mans land de plus d'un kilomètres dans le brouillard. Nous sommes sortis du Vietnam, nous ne sommes pas encore entrés au Laos, une petite bruine tombe sur cette terre sans nationalité et nous marchons... Le sésame d'entrée au Laos obtenu nous remontons dans notre bus direction Vientiane, la capitale du pays.
C'est dans un backpacker (auberge de jeunesse) que nous y retrouvons Séverine, la soeur de Julien. Nous découvrons tranquillement la ville ensemble. «Tranquillement» est le mot, car cette capitale est sûrement la plus calme et la moins bondé que nous n'ayons jamais vu! Nous prenons le temps des retrouvailles autour de jus de fruits frais et visitons quelques temples.
Le dernier jour nous louons des vélos afin de faire un tour de la ville et d'aller réserver notre bus à la gare routière. Après ce qui nous semble être bien plus que les 2 kilomètres annoncés, nous demandons notre chemin. On nous fait signe de continuer ... ce que nous faisons jusqu'à ce que le vélo de Julien se mette a dérailler tous les 3 mètres. Voila donc Mathilde et Séverine parties à la station de bus pendant que Julien retourne son vélo sur le bord de la route pour essayer de comprendre le problème. Il ne se passe pas 2 mn avant que des Laotiens assis à une terrasse sur le trottoir d'en face l'appelle pour lui proposer de l'aide. A peine la route traversée et un salut échangé, les laotiens vont chercher la caisse à outils. Après un coup d'oeuil rapide ils voient que la chaine et détendue et sortent les clés. Ni une, ni deux en trois tour de clés tout est remis en place... Julien ayant refusé de partager leur poisson, il lui serve un verre de Lao-lao (version laotienne de l'alcool de riz). Pendant ce temps les filles ont pu prendre les billets de bus en direction du Nord, pour Luang Prabang.
Pour s'y rendre, nous empruntons un bus local, de nuit. Nous comprenons rapidement que si il faut toute une nuit pour faire les 350km entre Vientiane et Luang-Prabang, ce n'est pas seulement que la route est mauvaise, mais aussi a cause des innombrables arrêts. En effet, vingt minutes après le départ, nous nous arrêtons un première fois devant de grands étals de poissons séchés où la moitié des passagers du bus descendent pour faire leur marché. Puis rebelotte quarantes minutes plus tard, sur des étals de pains, baguettes, sandwichs... Bizarrement cet arrêt nous a plus intéressé... Et nous a permit de nous régaler d'un super Sandwich baguette à la viande. L'ancienne colonisation Française à laissé des traces et il est possible de trouver du pain un peu partout au laos, ce qui n'est pas pour nous déplaire! Le troisième arrêt se fait devant une échoppe ou nous pouvons déguster une bonne soupe de nouille, si nous n'avions pas déjà mangé avant... Et ainsi de suite toute la nuit. Notre bus roulant avec la musique locale à fond s'est arrêté à droite, à gauche, au milieu de nulle-part, pour faire des arrêt pipi, déposer des marchandises, accueillir de nouvelles personnes, en déposer...
Nous arrivons à Luang-Prabang à 5h du matin, après une nouvelle négociation de tuc-tuc, (pour une fois pas trop compliqué, l'heure y est peut être pour quelque chose) nous atteignons le centre ville. Cette arrivée à l'aube nous permet d'assister à la procession des moines et novices, se déroulant au lever du soleil. Ceux-ci déambulent à travers la ville une besace en osier en bandoulière afin d'y recueuillir les offrandes des habitants. Principalement du riz, des bananes et parfois quelques friandises. Puis nous partons tout les trois nous coucher dans notre nouvelle auberge, car la nuit que nous venions de passer n'était pas des plus reposantes!
Après un petit peu de repos nous partons explorer la ville aux milles temples. Au détour d'une ballade sur l'une des collines surplombant la ville nous rencontrons ce que nous prenons à première vue pour des moines, en tenue caractéristique orange, qui étudient l'anglais. Nous entamons la conversation, ce sont en fait des novices qui étudient à l'école des moines (les novices portent les cheveux courts tandis que les moines ont les cheveux rasés). Ils nous expliquent qu'ils ne veulent pas devenir moine, mais que l'école des moines, accessible à tous, fournit unun des meilleurs enseignement du Laos. Ils viennent des quatres coins du pays et sont ici en «Internat». Ils sont logés dans les bâtiments autour des temples de la ville. Et étant donné la rapidité des transport du Laos, et le cout qu'ils représentent pour les locaux, ils ne rentrent qu'une à deux fois par an dans leur village, parfois situé a moins de 200km. Tous les matins ils se lèvent à 4h, avant de déambuler dans la ville au lever du soleil. Puis ils étudient toute la matinée des matière en grande partie similaires aux nôtres. L'après midi est libre et certain étudient d'ailleurs d'autre matière non enseignés chez les moines pendant l'après midi, par example l'informatique. Pendant la période ou ils sont novices (de 10 à 18-20 ans), ces jeunes garcons doivent se plier a une discipline stricte. Il ne peuvent pas faire de sport, ne doivent pas courir, ne peuvent pas monter à vélo ou en scooter. Ils ne peuvent plus manger après 4h de l'après-midi et ne peuvent avoir de relations ni de contacts physique avec les filles. Au fil des conversations nous nous rendons cependant compte que nous avons devant nous des adolescents comme les autre qui se charrient les uns les autres et qui parlent de filles relativement ouvertement. Cependant, lorsque Mathilde et Séverine leur tendrons la main pour leur dire au revoir, il les salueront de loin.
Le jour suivants nous visitons le musée d'ethnologie ainsi qu'un centre d'artisanat local. Nous profitons de notre dernier jour a Luang Prabang pour aller voir de magnifiques cascades se deversant dans une succession de vasques bleu turquoise, parfaites pour faire un petit plongeon rafraichissant.
Nous partons le soir en direction de Phongsaly à l'extrême Nord du pays. Lorsque nous montons dans ce bus à l'allure de bus scolaire, nous nous demandons si pour la première fois nous allons avoir la chance d'utiliser les sièges en plastiques qu'ils ont l'habitude de placer dans l'allée centrale lorsque toutes les places sont prises. Cependant après une petite réorganisation nous prenont place sur des vraies sièges pour passer notre nuit. Une fois n'est pas coutume, nous montons dans ce bus local en même temps que deux autre occidentaux : Horatio et Éveline avec qui nous allons sympathiser.
C'est donc a 5 et accompagnés par un guide que nous partons pour 2 jours de Trek dans les montagnes et forêts autour de Phongsaly quelques jours plus tard. Après une matinée de marche dans une forêt et parfois en bord de rivière, nous nous arrêtons pour pique niquer. Notre guide nous a concocté un petit casse croûte Laotien. Ils se compose de riz gluant, d'oeufs durs agrémenté d'un petit mélange aux herbes et au piment. Des petits morceaux de porc aux épices et des beignets de riz gluant à la patates douce et des banane viennent compléter notre sandwich laotien. Puis l'après-midi, après avoir marché sur des crêtes un peu moins boisés offrant de beaux panorama, nous atteignons le village où nous passeront la nuit. Sur le chemin surblombant le lieu, nous découvrons ce village typique Akha, niché au milieu de la forêt, sur une pentes abrupte en terre batue (d'ailleurs, nous n'imaginons pas l'état du sol en saison des pluies). Nous sommes d'abord marqués par les centaines de cochons, coqs, poules, chiens grouillant dans tout les sens à la recherche de nourriture. Puis nous découvrons tranquillement le village et ses habitants, dont les femmes portent encore le costume traditionelle. Une grande robe noir, avec une coiffe trapézoïdale et des éléments en argent suspendus le long de leurs visages. Nous comprenons rapidement que dans ce village de 200 personnes, seul deux arrivés d'eau existent. Chacun y vient pour remplir ses seaux pour la maison, les femmes s'y rassemble pour faire la lessive, et en fin de journée chacun y passe pour faire sa toilette (les hommes en sous vêtements, les femmes en sarung - équivalent du paréo pour nous). De plus, aucun toilette n'existe, mis à part une petite cabane avec un trou dans le sol, principalement utilisée par les touristes.
Nous visitons l'école et croisons les enfants jouant avec leurs toupies en bois, ou faisant rouler des pneux.
A la tombée de la nuit, des feux s'allument de partout dans les «allées» du villages. En effet seulement deux ou trois maisons ont l'électricité grâce à leur panneaux solaires... les autres s'eclairent à la bougie et avec leur lampes frontales. Dans ce village semblant d'un autre temps, seul quelques détails (surprenant) nous ramène à notre ère : l'incroyable présence de Smartphones dans les mains des adolescents.
Après une soirée au coin du feu, nous nous couchons tranquillement dans notre maisonnette en bambous, bercés par le chant des coqs et les aboiements des chiens.
Le lendemain, sur le chemin du retour, nous assistons à un déménagement. Des personnes quittant ce village pour s'installer dans un autre. Cependant, ils ne transfèrent pas seulement leur affaires, mais aussi les «murs» de la maisons! Sur le chemin nous suivons donc ces femmes portant sur le dos les planches de leur maisons, accompagnées de leur cheval également bien chargé.
Après ce trek hors du temps, nous repartons en bus et nous nous arrêtons pour la nuit à la station de bus Pak Nam Moi. Ici l'auberge se trouve directement dans la gare de bus (qui a elle seule forme la moitié du village). Tandis que les restaurant ont des terrasse qui donnent directement sur la rivière. Un endroit très sympathique pour une petite escale. Nous avons la chance d'assister le lendemain à une sorte de marché improvisé en bord de route de femmes Hmong fleuris avec leurs costumes traditionnels colorés. Puis nous partons vers Muang Khoi ou nous passerons la journée paisiblement en bord de rivière.
Le lendemain nous changeons de mode de transport et troquons le bus pour le bateau. Nous avançons au fil de la rivière Nam Ou, qui se fraye un chemin entre les pains de sucre verdoyant pour rejoindre le petit village de Muang Ngoi Neua, accessible uniquement en bateau. Toujours avec Séverine, Horacio et Evelyne (respectivement Argentin et Francaise), nous nous trouvons des petits bungalows en bord de rivière. Ce lieu nous servira de camp de base pour nos excursions dans les villages alentours, pendant les 4 jours suivants. Une de ces promenades nous amènera à remonter une partie du fleuve et de ses rapides, dans une embarcation locale de pêcheur au moteur capricieux. Lors d'un de nos arrêts imposés par notre moteur toussotant nous montrons d'ailleurs sur un cailloux manquant de faire chavirer l'embarcation. D'autres promenades nous emmèneront au travers de rizières et de montagnes dans d'agréables village khamu reculés.
Après avoir découvert toutes ces parties très rurales du Laos, nous reprenons un bateau, puis un bus pour retourner à Luang Prabang. Nous y passons quelques derniers moments avec Évelyne et Horacio et Severine, avant de partir en direction de la Thailande en bus...


















