jeudi 27 mars 2014

Kerala l'Inde a l'état sauvage

Bonjour à tous,

Après avoir quitté notre famille indienne, nous partons en direction de Ooty une petite station d'altitude créé par les Anglais. Pour ce faire nous allons en bus jusqu'à Mettupalayam avec pour objectif de rejoindre cette station d'altitude en train. Eh oui, jusque là il est vrai que malgré le nom du blog nous avons privilégié les transports en bus. Mais nous essayons d'inverser la tendance en Inde, le train fonctionnant de manière très efficace et étant très accessible en terme de prix. D'autre part, certain trains comme celui-la valent le détour... Arrivés à Mettupalayam nous partons à la gare pour tenter de réserver notre billet pour le lendemain. Mais nous sommes dimanche, et nous trouvons portes closes. Les quelques horaires indiquées sur la porte semblent mentionner une ouverte quelques heures plus tard. De retour à cette même gare, nous entrons dans le guichet de réservation, et expliquons notre volonté de réserver pour le lendemain. Notre interlocuteur nous explique qu'il est impossible de réserver le dimanche après-midi. Nous essayons de comprendre comment nous pouvons obtenir une place le lendemain et il nous donne une réponse très indienne : «very difficult», mais il nous propose de revenir vers 19h pour voir le chef de gare. De retour, pour la troisième fois, le chef de gare nous informe qu'il y a des places disponibles pour le lendemain, mais on ne peut pas les obtenir de suite, il faut «simplement» se présenter 2h avant le départ du train, soit à 5h du matin.
Le lendemain, réveillés aux aurores, nous patientons près d'une heure, puis quatres officiels de la gare se présentent pour délivrer les billets de 2ème classe disponibles. Nous obtiendrons finalement nos billets au prix ridiculement bas de 15 roupies par personne (soit le prix de 2 thés indien) pour ce toy train à vapeur classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Pendant que nous prenons place dans le wagon, arrive la locomotive à vapeur d'époque reluisante et au bruit caractéristique. Puis nous partons pour ces 40km de trajet avec plus de 1500m de dénivelé. Nous traversons des paysages incroyables entre montagnes, plantations de thé et petits torrents. Nous découvrons la rapidité ferroviaire de l'époque, avec des arrêts environ toutes les demi-heures pour faire le plein d'eau dont la micheline propulsant notre petit train a besoin. Ces arrêts s'effectuent généralement à de magnifiques points de vue, nous laissant le loisir d'admirer les paysages. Après plus de 4h de trajets, nous arrivons a Ooty à plus de 2000m d'altitude. Comme les Anglais à l'époque, nous apprécions la fraîcheur du lieu, après ces trois semaines passées sous la chaleur assommante du Tamil Nadu. Nous profitons du lieu pour faire quelques belles promenades entre plantation de thé et eucalyptus. Autre spécialité locale : le chocolat. Cette tradition laissée par les Anglais a bien plu à nos papilles, qui n'avait pas dégusté ceci depuis Noël!

Après quelques jours nous partons vers le Sud-Ouest, dans le Kerala, à Allepey. Lors d'un changement de bus, nous nous étonnons de la fureur indienne à l'embarquement dans le véhicule. Le bus entrant dans la gare, roulant encore assez vite, tout le monde se rue sur les portes pour embarquer, dans l'espoir d'avoir une place assise. Le conducteur ayant finit sa manoeuvre pour se garer, tous le monde a déjà pris place!!!
A Allepey, nous partons en promenade en Canoë à travers les backwater, canaux naturels ou artificiels utilisées pour transporter les marchandises et alimenter en eau les rizières. Nous nous promenons au fil de l'eau, entre palmiers, rizières et maisons colorées. Comme dans bien d'autres endroits, ces cours d'eau sont lieux de vie. Nous évoluons entre la baignade des enfants, les femmes faisant la lessive, des groupes assis à bavarder en pêchant, la toilette quotidienne des habitants, les aboiements d'un caniche et son troisième oeil rouge dessiné au milieu du front (oui, oui, eux aussi sont Hindou)!...
Nous ne manquons pas de croiser les impressionant houseboat, bateaux fabriqués en bois et corde de cocotier, originalement utilisés pour le transport de marchandises. Ils ont aujourd'hui été reconvertis de manière plus ou moins luxueuse, en résidence flottante pour touristes au charme incontestable.
Un autre soir, une petite ballade nous amène à la plage pour nous tremper les pieds dans la mer d'Oman. Nous nous régalons de voir les indiens jouer entre eux, les pieds dans l'eau et les femmes se baigner en sari. Peu nombreux sont ceux qui se baignent complètement vu la force du courant. D'autant plus qu'au bout d'un moment Mathilde pointe du doigt ce qui lui semble être un aileron dépassant des vagues. Ceci sera confirmé quelques minutes plus tard par la plupart des indiens sortant de l'eau. En effet, le requin est peu être une autre raison du faible taux de baigneurs sur cette plage! La plupart préfèrent se promener à pied, ou en profitent pour faire une petite ballade en dromadaire.

Plus nous avançons dans l'Inde du Sud, plus nous nous étonnons du contraste entre les descriptions que nous avons eu du pays et ce que nous vivons. Nous trouvons ici des indiens attentionnés et prévenant envers nous. La plupart du temps ils nous offrent des prix corrects, à la première ou deuxième demande. Tandis que nos échanges avec la population sont simple et nous ne sentons aucune pression ou oppression de leur part. Pas sur que cela dure lorsque nous remonterons vers le nord... Nous quittons au petit matin la ville d'Allepey, en ferry public pour une dernière ballade sur les backwaters. Le ferry public est piloté par plusieurs personnes. Comme toute chose en Inde chacun à un rôle bien défini et il ne viendrai pas à l'idée d'un Indien d'empiéter sur le travail de son collègue. Ainsi, il y a un barreur sur le toit du bateau, qui signale avec différents tintements de cloche sa volonté de changer de vitesse ou passer en marche arrière. Une autre personne à en charge le passage des vitesses, tandis que deux autre s'occupent des amarres. Enfin, comme dans la majorité des transport ou lieu public, des sièges sont attribués pour les femmes à l'écart des hommes.

Notre voyage nous mène ensuite dans la ville de Ruminy. Ville aux rues enbaumées par l'odeur de la Cardamomes cultivée en abondance dans les environs. Nous décidons d'une petite randonnée dans le parc National de Periyar, en compagnie des gardes du lieu. En effet, étant donné le caractère sauvage des animaux de ce parc, la visite ne s'improvise pas et un des garde forestier porte avec lui un fusil...on s'est un peu cru comme dans les films! Les gardes du parc nous transmettent dès le début leurs passions pour la faune et la flore de ce lieu, en nous parlant et nous montrant quantité d'oiseaux exotiques aux chants mélodieux. Puis lors d'un passage sur un sommet, un des garde nous passe les jumelles pour observer des bisons en contrebas. Quelques kilomètres plus loin, le pisteur montre quelques empreintes fraîches d'une taille impressionnante et nous fait signe de ne pas faire de bruit. Nous découvrons alors, au détour du virage suivant, deux éléphants sauvages et un bébé traversant la rivière et mangeant du bambou. Un des guides nous contes la quantité astronomique d'eau et de nourriture qu'ingère ces animaux par jours. En les voyants uriner en quelques secondes, plus de litres qu'une douche d'occidental, cette remarque nous est vite confirmée!
Tandis que l'heure du déjeuner approche, nous arrivons sur une plaine entre deux collines. C'est là que nous voyons au loin un troupeau d'une dizaine d'éléphants. Nous nous en approchons pour prendre notre repas en leur compagnie, tel Jumandji. Cependant quelques bonnes centaines de mètres nous separant quand même de ces géants. La plupart savourent tranquillement l'herbe après l'avoir arraché avec leurs trompes ; un petit éléphanteau se roule au dessous de sa maman pour profiter de la fraicheur de son ombre ; un autre apparait un peu plus tard, il était en contrebas dans la rivière pour se baigner ; tous ensemble offrent un tableau aux mouvements lents et incroyablement majestueux malgré leur poids!
Nous reprenons notre route au milieu de forêts et de beaux paysages parsemés de nombreux arbres morts, donnant un aspect mystique aux lieux. Au cours de l'après midi, nous aurons le loisir d'évaluer la taille assez impressionnante d'une empreinte de tigre... Mais au grand soulagement de Mathilde, nous ne croiseront pas le «gros chat»! Nous observerons également quelques très gros écureuils. Tandis qu'un oiseau au vol majestueux et à l'envergure impressionnante nous survollera, semblant être sorti directement de la pré-histoire. Nous reviendrons tranquillement à la réalité sur le chemin du retour en croisant quelques singes.

Cette région ou les plantations de thés et d'épices pullulent, nous invite à aller nous informer sur le sujet. Nous partons donc à la visite d'une usine de thé locale, afin de comprendre comment cette petite feuille verte ramassée à la main est transformée en breuvage, si convoité par les anglais. Puis nous allons visiter un jardin d'épices, afin de savoir comment poussent toutes ces saveurs qui nous enflamment le palais à chaque repas ici!

Nous tentons notre deuxième réservation de train au bureau de poste local. Celui-ci ayant un guichet spécialement dédié, nous nous y rendons en fin de journée. Présentant notre demande on nous informe qu'il est trop tard et que le guichet spécifique de réservation fermait à 16h. Après avoir insisté, on nous fait signe d'attendre, la personne en charge étant parti faire une course. A son retour, nous trouvons un homme serviable avec qui nous passeront plus d'une heure pour réussir à réserver à l'avance notre premier long trajet en train indien. Le fonctionnement des réservations et du système ferroviaire ici est en effet un lègue des britannique, fonctionnant très bien, mais sa complexité administrative et codifiée reste d'un fonctionnement très anglais!

Notre premier long voyage en train, nous emmènera du Kérala au Rajasthan. Nos 36h de voyages (2 nuits et une journée), nous permettent d'apprécier tranquillement le défilé des paysages Indiens. Ici la plupart des trains s'appellent express, mais ils s'arrêtent dans énormément de petites gares et la durée d'un arrêt est rarement inférieure au quart d'heure. Cela nous laisse le temps de faire notre shopping pour les repas, afin de déguster Samosa ou autre Beignets de pomme de terre saupoudré d'épices et fourré dans une sorte de brioche. A longueur de journée, des vendeurs arpentent les wagons pour remplir des godets de chai, ce thé épicé au lait, boisson nationale indienne. Au fil du trajet, les paysages quelques peu désertique du Rajasthan nous apparaissent. Terre des royaumes de Maharajah et autre Maharanah... Notre prochaine escale!

samedi 22 mars 2014

Nos premiers pas en Inde, à la découverte du pays des Tamouls!

Bonjour à tous ou «Vanakam» (en Tamoul)!

Nous continuons à nous rapprocher progressivement de la France, il n'y a maintenant plus que 3h30 de décalage horaire avec vous... En effet, après les efforts pour obtenir ce fameux visa, nous avons atteris dans le sud de l'Inde le 23 février!

C'est dans la région du Tamil Nadu, à Chennai (anciennement Madras) que nous commençons nos découvertes.

Lors de nos deux premiers jours dans cette ville, nous prenons le temps d'appréhender la relation avec nos interlocuteurs indiens. Notre première interrogation nous est venu de ce signe de tête si particulier et si courant : ni un hochement, ni une rotation, mais bien un dodelinement de la tête caractéristique du pays (mouvement que nous n'avions vu nul part ailleurs). Quoi de plus déconcertant lorsque l'on pose une question, d'avoir comme seule réponse ce signe inconnu (avec souvent un visage figé, sans émotions visible)! Lors de notre premier repas, nous avons eu l'impression d'être maladroit de A à Z, notre interlocuteur préférant dodeliner de la tête, plutôt que de nous dire un ou deux mots d'anglais, ça nous à un peu perdus! Après quelques jours nous comprenons que cela signifie entre autre «d'accord», «oui», mais il est aussi utilisé pour saluer une personne amicalement.
Par ailleurs, certains signes complètement anodins chez nous, peuvent être très vexant ou choquant pour les Indiens, notamment au niveau de l'usage de cette fameuse main gauche! Nous apprenons à tendre l'argent, à saluer, à toucher la nourriture exclusivement avec la main droite, mais ce ne sont pas encore des réflexes et les erreurs de parcours sont fréquentes! Oups...

Nous découvrons jours après jours tous ces petits et grands détails qui font de l'Inde un pays si différent du notre... Ce sont, tout d'abord des ambiances de rues, successions d'images que nous voulons vous conter :
Nous découvrons ces villes, grouillantes de véhicules à la conduite anarchique, ou le klaxon fait loi. Mais aussi les petits villages paisibles aux nombreuses maisons colorées. Un petit détail ajoute encore plus de couleurs aux lieux : les «kolam», dessins réalisés au sol devant la maison, avec des poudres colorés. Les femmes réalisent cela chaque matin, après avoir fait le ménage, en signe de bienvenue.
Au cours de nos excursions nous croisons des vaches sacrées aux cornes peintes. Décorations restante de la «fête des moissons» célébrée en Janvier dans le tamil Nadu, pour les remercier de leur travail aux champs.
Au fil de nos visites des villes, c'est aussi la prestance des femmes indiennes qui attire notre regard. Toutes drapée dans leur saris plus colorés les uns que les autres et parées de leurs bijoux. Dans leur habillement, il faut noter l'étonnante notion de pudeur, différentes de la notre : ici il ne faut pas voir une épaule ou un genoux de femme, ce serait quelque peu choquant, mais par contre elles ont toutes le ventre à l'air, peu importe leur âge. Pour la touche finale, elles portents souvent dans leurs cheveux des fleurs fraîches aux odeurs enivrantes.
Ces guirlandes de fleurs utilisées dans le culte hindou peuvent être achetées dans des stands aux alentours des temples, ajoutant encore de la couleurs au lieu et venant embaumer les rues de leurs doux parfums.

En parallèle de toutes ces beautés, couleurs, odeurs, il y a aussi la présence d'une misère bien plus importante que dans les pays d'Asie du sud-est visités précédement.

Pour finir, on ne peut pas parler de ville Indienne sans parler de religion... Bien sur il y à les nombreux temples Hindous, tout colorés, avec des statues aux allures enfantines. De plus, nous croisons ou entendons les nombreuses processions au son des pétards et des tambours, à toute heure du jour ou de la nuit, fêtant naissances ou décès. Après leur passage un lit de pétales de fleurs jonchent le sol de la ville.

Des images, on en a encore un paquet, mais voila de quoi vous brosser un peu le paysage!

Nous avons la chance de vivre ces premières semaines au sein d'une famille Indienne. En effet, après deux jours à Chennai, nous filons à Tiruvannamalai où Isaac, un pharmacien nous attend pour que nous l'aidions dans ses projets. Ce dernier fait office de médecin dans une quizaine de villages alentours, quand il n'est pas pasteur le week-end. Dans ces villages il essaye également d'accroître le niveau d'éducation. Nous venons donc l'aider chaque jours après l'école, pour donner 1h de cours d'anglais à une quinzaine d'enfants, dans le village de MGR Nagar.

Arrivés chez eux, nous rencontrons sa femme, Latha, et ses deux fils, Imhan (3ans1/2) et Joch (2ans). Ils nous expliquent, qu'ils ont une petite maison au confort «simple» avec deux petites cabanes dans le jardin ou se trouvent toilette à l'indienne et douche au baquet. Ils s'excusent de ne pouvoir nous offrir de matelas, mais nous proposent des oreillers et moustiquaires. Ils nous offre la possibilité d'habiter chez eux dans ces conditions, ou de prendre une chambre dans un hotel voisin et de les rejoindre uniquement pour les repas. Voulant vivre à fond notre expérience indienne, nous optons pour la première option!
Nous investissons alors la petite pièce se trouvant à l'entrée de la maison. Dans la pièce suivante se trouve leur chambre, principalement occupée par un lit double, dans lequel ils dorment tout les quatre. Dernier espace de la maison, un petit cagibis servant de bureau et rangement. Bien sur il y a aussi une cuisine - espace de femme - qui se trouve dans un petit bâtiment à l'arrière de la maison. Heureusement, il y un petit jardin qui, étant donné le climat, constitue l'espace de vie principale lors de notre séjour.
N'oublions pas les derniers habitants de la maison, canards, poules, pousins et dindons, qui se baladent dans la ville la journée et rentrent tranquillement au jardin à la nuit tombée. Les poussins trouvant même logis la nuit dans la machine à laver (en panne), qui se trouve sur la terrasse. Le première fois que nous avons vu le petit Imhan enfermer les poules dans le tambour de la machine, nous avons crue qu'il faisait une bêtise, mais non, c'est bien leur maison!

C'est au rythme de la vie de cette maison que nous découvrons donc une autre facette de l'Inde...
Nous observons la vie de quartier, avec tous ces vendeurs ambulants qui viennent proposer leurs services ou produits au milieu du pâté de maison : Le laitier passant avec sont lait frais tous les matins et soir après la traite ; Le vendeur de lessive, faisant une démonstration sur la terrase avec le linge de Latha ; Le vendeur de casserolles et ses hauts-parleurs faisant accourir toutes les femmes du quartier ; ou encore l'aiguiseur de couteau à velo. La plupart des femmes passent la journée à la maison avec les enfants, tandis que leurs maris vont travailler. Elles se retrouvent ainsi entre voisines, à discuter pendant que l'une ou l'autre fait la cuisine ou la lessive sur la terrasse. Latha s'est montrée soulagée d'avoir deux nouvelles paires d'yeux (les nôtres), pour veiller sur ses petits bambins, adorant sortir du jardin et jouer dans la rue. Mais ici la notion du danger est complètement différente. Lorsque les petits jouent avec un couteau de cuisine dans la terre; ou que Joch, du haut de ses 2 ans escalade la moto pour se percher tout seul au sommet, c'est normal. Tandis que, quand il grimpe sur l'assise d'une simple chaise c'est la panique à bord... Enfin bref, nous nous retrouvons un peu déconcerté et au bout d'un moment nous ne savons plus trop quand réagir! Outre ces notion de danger, on découvre dans l'éducation la toute puissance du premier fils (on dit bien fils) de la famille, la aussi on a fini par ne plus savoir que dire... Outre ces petits bambins, d'autres aspect du quotidien demandent beaucoup d'attention, tel les attaques de singes, qui viennent se saisir de tout ce qui est mangeable dans les maisons. Dès qu'ils pointent le bout de leurs nez, tout le voisinage se met à courir, pour barricader portes et fenêtres et essayer de les faires fuire au plus vite! 
Latha nous fait également découvrir la cuisine Indienne. Nous apprenons à manger avec notre main droite notre riz ou ces nombreuses «galettes» tel les Idly et Dosa, confectionnés avec une pâte à base de lentilles et de riz. Ceux-ci se mangent en trempant dans des sauces en tout genre (cacahuète, coco, légumes) toujours très épicées.
Bien sur à la fin du repas, les déchets restants doivent être jettés, avec le reste, au dessus du mur, dans la rivière passant derrière la maison. Enfin «rivière» est un grand mot, disont plutôt eau presque stagnante jonchée de plastiques et d'ordures en tout genres. De toute façon les poubelles dans la maison n'existent pas...notre côté écolo en a pris un coup! 

En parallèle de toute cette vie de famille, nous partons chaques fin d'après-midi au village de MGR Nagar. Nous prenons la route soit à trois sur la moto d'Isaac, soit à vélo tous les deux lorsque Isaac va travailler dans un autre village. Après 15 mn de vélo nous arrivons au village, sous les «good evening» des enfants. Nos moyens sont rudimentaires, quelques craies, un tableau fait d'un sac poubelle tendu entre deux tuyaux pvc, accroché à la grille d'aération d'une maison au bout d'une rue du village. Les enfants au nom chantant tel que Rythick, Lavanahia, Rajesh ou Kalpana s'assoient en tailleur dans la rue, qu'il ne manque pas de balayer à notre arrivée. Tout au long des dix jours, nous y retrouvons une quinzaine d'enfants, entre 8 et 16 ans (groupe constitué par Isaac au départ). Mais en réalité, la rue du village étant un lieu de vie et notre couleur de peau suscittant les interrogations, les enfants sont bien plus de quinze à se joindre à ces cours. Certains plus jeunes viennent même avec un cahier et un crayon pour faire comme les grands et grifonne alors même qu'ils n'ont pas encore appris écrire. Les jeunes du village, s'assoient souvent un peu plus loin sur un muret, pour regarder et parfois se moquer gentiment. Sans compter les adultes installés sur le pas de la porte pour nous regarder, quand ils ne viennent pas directement réagir sur le jeu, ou sur ce qui est marqué au tableau. C'est donc souvent un grand rassemblement... Parfois même un chien errant ou un troupeau de chèvre vient traverser notre salle de classe!!!!
Afin de garder l'attention des enfants, malgré toutes ces sources de divertissement alentours, nous organisons différents jeux, permettant aux enfants de pratiquer quelques bases d'Anglais. Ceci mixé à un peu de théorie au tableau, utilisant mimes et dessins pour se faire comprendre. Sans oublier nos qualités de chanteurs, compositeurs (hum hum) qui nous ont permis de transposer des chants du Français à l'Anglais et d'apprendre en «rythme» des nouveau mots aux enfants. Et bien étonnez-vous, mais ils ont adorés! Ils attendaient avec impatience le «jungle song» ou le «boogy-boogy song» de fin de classe et ça a swingé!!!
Tous les soirs, nous avons plus de trente petites mains à serrer, puis nous nous fraillons un chemin vers nos vélos sous les «thank you» et «see you tomorrow» des enfants. Puis nous quittons le villages, salués par les adultes (par un dodelinement de la tête ou un geste amical), quand les enfants ne nous attendent pas au détour d'un virage pour crier «see you tomorrow» une dernière fois.

Le dernier jour nous organisons un petit goûté, ou nous serons quelques peu dépassés par le nombre d'enfants présents... Plus d'une cinquantaine. Nous sommes fêtés par les enfants, qui ont mis leur plus beaux habits pour l'occasion et qui nous remettent colliers de fleurs et cadeau. Au moment d'ouvrir le cadeau nous réalisons que nous avons perdu l'attention de ceux qui nous l'on offert... Nous hésitons à l'ouvrir, avant que l'on nous explique qu'un cadeau indien s'ouvre à la maison... Ouf c'était moins une! Mais en Inde, une vrai fête ne peut se réaliser sans musique et danse. Ainsi nous assistons avec joie à quelques danses et chants traditionnels exécutés par les enfants, avant de se dire au revoir!

Après avoir quitté les enfants du village, il est l'heure pour nous de quitter Isaac, Latha, Joch et Imhan, pour repartir les sacs sur le dos... continuer nos aventures Indiennes!

mardi 4 mars 2014

Le Myanmar, les Birmans et leur incroyable accueil!

Mangdelaba (bonjour en Birman),
Certaines frontières terrestre entre le Myanmar et la Thaïlande étant ouvertes depuis peu (Août 2013), nous décidons d'entrer en Birmanie sans prendre l'avion (ce qui était le seul moyen d'entrée possible ces dernières années). Après une nuit de bus depuis Bangkok, nous arrivons au petit matin à Mae Sot, ville Thaïlandaise, à quelques kilomètres de la frontière Birmane. A la gare de bus, nous nous avançons vers un tuk-tuk nous proposant «Myanmar», nous montons. En sortant de la gare de bus il semble aller à l'opposé de ce nous pensons être la direction de la Birmanie. Puis après un tour de ville ou nous remplissons le véhicule, nous nous arrêtons un bon quart d'heure pour réarranger les baggages sur le toit, comme pour un long trajet. Cela nous semblant étrange, nous montrons notre papier indiquant notre direction au chauffeur qui aquiesce rapidement, sans nous porter plus d'attention. Puis nous partons. Après 15mn de route nous comprenons que nous n'allons vraiment pas au bon endroit et tentons de communiquer avec nos voisins, qui malgré une comprehension difficile, confirment nos craintes. Ils nous proposent de descendre au prochain checkpoint de police quelques kilomètres plus loin, ce que nous faisons (les abords de la frontière sont très contrôlés aussi bien en Thailande qu'au Myanmar). Notre chauffeur n'est pas très surpris et ne fait même pas l'effort de nous demander son dû (incompréhension ou besoin de remplir son tuk tuk, nous ne serons jamais). Nous attrapons un tuk-tuk dans l'autre sens pour 30 mn et repassons devant la gare de bus, pour se retrouver 5 mn plus tard au fameux passage de frontière. Après cette ballade en tuc-tuc dans la campagne Thaïlandaise, au soleil levant, nous passons enfin la frontière sans encombre. Du côté Birman, nous arrivons dans la ville de Myawaddy. La route liant Myawaddy au reste du Myanmar est ouverte un jour dans un sens de circulation, le lendemain dans le sens opposé. Au passage de la frontière nous apprenons que la route est ouverte dans notre sens, bonne nouvelle! Nous saisissions notre chance et embarquons dans un taxi partagé en direction de Hpa-an.
Nous comprenons petit à petit pourquoi la route est en sens unique. Il s'agit d'une route de montagne grossièrement «goudronnée», uniquement sur sa partie centrale. Nous traversons de nombreux petits villages avec des maisons aux murs faits de bois et de bambou tressés et de feuilles séchées en guise de toiture. La route est partagée par des gros camions de marchandises, des tuk tuk avec des chargements aussi important à l'intérieur que sur le toit, des bus sans âges et un nombres très important de taxi partagés : souvent une voiture break contenant beaucoup plus de personnes que les 5 places prévues, les baggages se trouvant sur le toit. Le tableau ne serait pas complet si on ne mentionnait pas les nombreuses portions de travaux en cours, afin d'améliorer et d'élargir la route, réalisés avec des moyens archaïque. Dans ces circonstances, la route se transforme en rallye dans la poussière, ou tout est permis pour doubler une autre voiture, et chaque virage est une opportunité pour faire l'intérieur à un camion plus lent. Sans compter les bouchons réguliers, ou s'amassent des centaines de véhicules sur la route sinueuse, à cause de véhicules en panne ou de travaux. D'autre part de nombreux check-point militaires sont présents le long de la route. Lorsqu'ils aperçoivent nos têtes d'occidentaux à bord du véhicule ils s'agitent, demandent à notre voiture de s'arrêter pour examiner avec minutie nos passeports. Tant et si bien que notre chauffeur à la fin du trajet, essayer de nous cacher en remontant les vitres teintés, afin d'éviter ces arrêt supplementaires.
Nous arriverons finalement à Hpa-an, après 7h et 165kms!!
Après une nuit bien méritée, nous partons à la découverte de cette petite ville typique. Nous déambulons dans le marché matinal aux cents couleurs, ou l'activité de la ville est à son comble! Puis tout retombe en début d'après-midi, les rues sont désertes, le soleil apportant une chaleur assommante. Nous grimpons en milieu d'après-midi en haut d'un pic rocheux, parsemé de Stupa et statues bouddhistes lui donnant un aspect mystique. Arrivés au sommet, nous découvrons une incroyable vue sur les environs : le fleuve sillonant au travers des cultures, sous le soleil de fin de journée. A notre retour à la fraîche, la ville à repris son activité. Sur la berge des bâteaux remplis de fruits et légumes arrivent des villages agricoles environnants, afin d'approvisionner le marché du lendemain. Les allées et venus entre la berge et la ville durent des heures. Les recoltes placées dans des paniers sont déchargés des bâteaux par les villageois, en équilibre sur la tête ou l'épaule, pour être ensuite chargés sur les cyclo-pousse. Ces derniers se chargent de ralier le marché... Un ballet très coloré qui nous a occupé quelques heures.
Le lendemain, après avoir trouvé une carte sommaire des environs, nous prenons des vélos et partons à la découverte de la campagne environnante. Après s'être toute la matinée promenés dans les allées en terre entre villages, statues bouddhistes temples et rizières. Nous décidons de repartir vers la route principale pour trouver un restaurant. C'est sur ce chemin qu'un homme traversant nous interpelle : «you» (interjection habituelle en asie du Sud Est pour attirer l'attention de l'occidental), puis nous fait un signe de manger. Après une insistance de sa part nous le suivons. Nous nous retrouvons dans le jardin, sous un grand arbre, au milieu de la famille qui se met en branle bas de combat pour nous recevoir.
Toute la famille est en effet reunis pour le repas du midi. Il y a là une dizaine de personnes, allant des grands parents aux petits enfants, qui nous regardent avec un air amusé. Chacun prend son repas de manière décousu, sur differentes tables, positionnée à quelques centimètres du sol, tout en discutant et rigolant. Au menu, un plat principal, composé de pâtes de riz et servis avec une sauce aux légumes. Malgré la barrière de la langue nous arrivons à échanger un peu avec nos hôtes. L'homme qui nous à invité cultive des rizières et est le chef de famille. Après les avoirs grandement remercié dans leur dialecte (Mons), nous repartons au volant de nos bicyclettes salués par nos hôtes. C'est quelques heures plus tard, que nous arrivons au point indiqué «cascades» sur notre carte. Nous nous y arrêtons, ayant grandement besoin de rafraîchissement, mais découvrons qu'aucun filet d'eau ne descend de la chute. Cependant, il s'agit d'un endroit prisés par les locaux pour se raffraichir. En effet, différent bassins bétonnés sont formés au pied de ces chutes d'eau asséchés, et quelques enfants et adultes s'y baignent alors que les femmes se posent sur le bords et discutent. Julien décide de se mêler aux baigneurs, pendant que Mathilde se raffraichit les pieds. Il se retrouve rapidement jouant, sautant et s'éclaboussant avec les enfants. Sous le regards amusés des locaux restés sur le bords du bassin. Mathilde pendant ce temps se retrouve sollicitée par les jeunes des villages voisins pour poser avec eux en photo. Puis nous repartons à vélo, en compagnie nos jeunes copains de baignade. Nous découvrons petit à petit qu'ils ont fait un certain nombre de kilomètres pour venir se baigner, à quatre sur deux vélos. Nous partagerons donc une bonne partie du chemin du retour avec eux. Nous découvrirons ainsi leurs habitudes, leur arrêts à l'entrée des villages pour boire l'eau mise à disposition dans des jarres en terre. Ils nous offrirons également très naturellement notre première noix de bétel. Puis, ils nous emmènerons sur le chemin du retour visiter un temple, où ils ont l'habitude d'aller manger après la baignade (de nombreux temples aux Myanmar offrent en effet des repas à toute personne se présentant). Nous visiterons ce temple d'une manière un peu spécifique. Les enfants y sont un peu comme chez eux, ils ont l'habitude de se servir à boire à l'entrée, de saluer les cochons d'indes se trouvant dans une cage sous l'escalier, d'aller voir l'évolution de la ruche se trouvant dans l'arbre. Ils nous emmènerons également rendre une visite aux moines et admirer le point de vue du haut du temple. Nous ressortirons du temple en chantant avec les enfants, puis quelques kilomètres plus loin ils nous lancerons un bref au revoir lorsqu'ils tournerons pour rentrer à leur village.
Lors de ces premières journées à Hpa-an et ses environs, nous découvrons les caracteristiques de ce pays, peut être le seul où les voitures roulent à droite, avec le volant à droite. Nous apprivoisons rapidemment ces birmans aux dents et aux lèvres rouge. En effet ces derniers sont des grands adeptes des noix de bétel qu'ils mâchent du matin au soir et qui laissent des traces rouges caractéristique dans les rues lorsqu'ils crachent. Des petits vendeurs de cette mixture sont installés un peu partout dans les villes. Après avoir étalé une pâte blanche à base de chaux sur une feuille de Bétel, ils y déposent les noix provenant du même arbre. Une fois roulé, le tout est vendu près à macher pendant des heures.
Nous nous questionnons également sur les marques jaunes dessinées sur le visage des femmes et des enfants. Nous decouvrons qu'il s'agit du Thanaka réalisées en appliquant une pâte à base de branche de cet arbre. Elles servent à protéger du soleil et pour prendre soin de la peau. Ces pâtes servent également aux femmes de maquillage.
Leur habillement mérite également d'être évoqué. Dans pratiquement tout le pays il reste très traditionnel et le jean n'a pas encore fait disparaître le longji majoritairement porté aussi bien par les hommes que les femmes. Il s'agit d'un grand tissus cousu en cercle, qu'ils serrent au niveau de la taille pour se couvrir les jambes (un peu comme un paréo, dans nos représentations occidentales).
Après tous ces premiers aperçus du pays, nous quittons Hpa-An, à bord d'un petit bâteaux, en direction de Malawine. Pendant les 4 heures de trajets nous aurons le droit a une succession de bonjour, d'envoi de baiser, de danse de liberation et de saut dans l'eau de bonheur de la part des enfants et des plus grand pour nous saluer.
A première vue cette nouvelle ville nous semble énorme, constituée de grandes rues (c'est en effet la quatrième ville du Myanmar). Mais en prenant le temps d'arpenter à pieds les environs, nous découvrons plein de petits goulots et ruelles donnant des impressions de village dans la ville. On y trouve de nombreux puits servant à la lessive, vaisselle..., des gens discutant à l'ombre sur le pas de la porte. De nombreuses maisons sont encore encerclées de barbelés, ce qui nous laissent présager de l'histoire récente de ce lieu récemment ouvert aux touristes. Ambiance que nous retrouverons dans d'autres villes par la suite. Dans une de ces ruelles, nous nous retrouvons aux milieu de plusieurs groupes d'enfants jouant au sol autour d'un jeu de palets ressemblant au billard. Nous saisissons l'occasion pour se poser tranquillement, jouer et partager un moment de quotidien entre enfant et adultes du quartier venus observer.
A d'autres occasions, nous pourrons également noter le côté sportifs des Birmans. Ils est fréquent de les voirs se rassembler en cercle et jongler avec une balle de bambou tressé après la sieste. A ces moments, ils ont une sacré technique pour replier et nouer leur longji et s'en fabriquer un short. Il n'est pas rare non plus de les voir jouer au volley-ball ou au badminton.
 
Après quelques jours dans cette ville, nous quittons le sud du pays. Une nouvelle nuit de bus et nous arrivons au petit matin, à Mandalay. Nous souhaitions, descendre quelques heures plus tôt. Cependant malgré nos demandes, le chauffeur avait décidé qu'ils nous fallait aller jusqu'au terminus du bus. N'ayant pas de bus pour rebrousser chemin vers notre destination avant le soir, nous changeons nos plans pour rejoindre la ville de Hsipo, nichée en altitude... C'est dans ce bus que nous vivrons le trajet le plus inconfortable depuis notre départ! Le plancher du bus, entre la soute et les sièges n'existant plus... nous avions en guise de plancher une multitude de cartons, de sacs de nourriture pour animaux, de riz, de pièces mecanique... Sans ce chargement nos sièges seraient 1m50 dessus du sol et nos pieds dans le vide. Mais, notre principale source d'inconfort était notre siège. En effet l'assise originelle avait été enlevé, et remplacée par une banquette plus petite, qui n'était pas fixée. Ce qui signifie qu'il y avait forcément un de nous deux avec une fesse dans le vide, et surtout qu'a la moindre secousse cette dernière glissait. Etant sur une petite «route» Birmane de montagne, c'était un exploit lorsque l'on tenait 5 min sans avoir à nous lever pour réajuster notre siège...autant dire que sur huit heures de trajet on s'est relevé un certain nombre de fois!
Après une nuit et une journée de transport un peu fatiguante, nous arrivons à Hsi-Po où nous trouvons facilement une auberge sympathique pour nous loger. Peu après notre arrivée, un groupe de trois jeunes en partance pour des sources chaudes nous propose de se joindre à eux pour la fin de journée. Nous acceptons, pensant aller se relaxer dans un bain chaud au milieu de la nature. Après 20 min de tuc-tuc notre chauffeur s'arrête devant les fameuses «source chaudes». A la surprise générale, nous nous retrouvons devant les bains publiques d'un village. En effet, l'eau thermale, est ici canalisée, et collectée dans deux grands bassins en béton séparés par un mur. Nous nous divisons alors, les deux garçons d'un côté, et les trois filles de l'autre. Du côté homme il y a peu d'activité, mais de l'autre, chez les femmes et les enfants, il y a du monde! Mathilde et ses deux collègues, enroulées dans leurs paréos, se trempent dans l'eau toute savonneuse, entre les femmes qui font la lessive, les enfants lavant leurs chaussures et les séances «pédicure» à la pierre-ponce sur le bord du bassin. Les femmes drapées des épaules jusqu'aux mollets, réussissent l'exploit de se laver et se rhabiller sans qu'un centimètre de peau n'apparaisse! Très différent de ce que l'on imaginait, mais une sacrée expérience!
Les jours suivants nous découvrirons les alentours à pieds et à vélo entre monastères en teck, visites de petits villages authentiques et ballades entre d'innombrables anciennes stupas perdues dans la nature et partiellement recouverte de végétation.
Enfin, nous profitons une fois de plus des «tea house» (maison de thé), qui font notre bonheur depuis notre arrivée au Myanmar. On y sert du thé, du café, et de nombreuses pâtisseries locales. Ces dernières sont parfois faites sous nos yeux par le patissier, dans son four à bois, sur la terrasse. On y retrouve avec grande satisfaction des petits déjeuner sucrés et n'hésitons pas à nous y arrêter lors de nos petits creux. C'est un lieu où les Birmans viennent se retrouver, jeune ou moins jeune, discuter et lire le journal. On aime y prendre notre temps et observer tranquillement le réveil de la ville au petit matin.
Nous partons ensuite en direction du Lac Inlé, un des lieu les plus touristique du Myanmar. Une nouvelle fois, le vélo est notre moyen de locomotion. Nous explorons la partie ouest du lac le premier jour, en arpentant ses différents villages! Nous ne pouvons longer le lac, ou l'atteindre en vélo ou à pieds, car les zones alentours sont plutôt marécageuses. Certaines parties des villages sont d'ailleurs sur pilotis et innaccessible à pied. Cela nous donne le loisir d'observer les déplacements des barques colorées a Khaung Daing, au son de la musique locale provenant des maisons environnantes.
C'est le lendemain qu'un réel coup de coeur nous attends. Nous quittons la ville de Nyaung Shwe au petit matin. Les rues sont à peine réveillées et les enfants viennent d'arriver à l'école. Ils sont tous rassemblés en rang dans la cours, et chantent au son des tambours tel un orchestre aux allures militaire. Nous poursuivons notre route, pédalons près d'une heure avant d'atteindre le village de Maing Thauk. Nous abandonnons nos montures à l'extrémité d'un large pontons en bois, que nous empruntons pour une centaine de mètres. Arrivés à son extrémité, nous trouvons une petite cabane qui pourrait ressembler à un arrêt de bus. Ici, au milieu de l'eau, il s'agit d'un «arrêt de bâteau». En effet, nous nous trouvons à la lisière d'un village construit entièrement sur l'eau! Un jeune garçon nous propose d'explorer son village à bord d'une petite barque en bois. C'est ainsi que pendant une heure nous sillonons les rue-canaux du villages, au fil de l'eau et au rythme de la rame de notre guide. Après les description «trop touristique» que nous avions eu du lac Inlé, nous nous retrouvons au petit matin seuls touriste au milieu de cet incroyable village flottant. Nous nous régalons de ces ambiances hors du temps et si loin des modes de vie que nous sommes en mesure d'imaginer! Ces habitants, perchés en haut de leur maison sur pilotis, n'ont qu'à lancer un sceau par la fenêtre pour puiser de l'eau. L'école sur pilotis, où nous imaginons l'amassement de barques au petit matin pour amener les enfants. Le magasin sur l'eau, où les villageois viennent y faire leurs courses en barque. La toilette du matin, au bord de l'eau, sur le petit ponton en contre-bas de la maison. Les jardins flottants : ces rangées de terres immergées, où les agriculteurs doivents rester dans leurs barques pour planter et désherber leurs plants de tomates, courges, choux... Dans ce village, chaque déplacement nous évoque une danse, tel un balais de barques. Sans parler de cette technique unique qu'ont les habitants du lac pour ramer. Installés à l'extrémité de leur barque, debout en équilibre sur un pied, ils enroulent leur deuxième jambe autour de la rame pour pagailler. De loin ces silhouettes ondulantes, à l'équilibre déconcertant, sont d'une incroyable grâce. Mais quand nous, avec notre équilibre d'européen, montons sur ces même barques, c'est un véritable challenge de ne pas faire chavirer l'embarcation.
Après cette incroyable promenade, nous revenons sur le pontons, mais nous n'avons pas envie de quitter ce lieu. Nous continuons donc à nous imprégner des ambiances du quotidien de ce village, en restant sur ce ponton qui est aussi un incroyable lieu de vie. Place centrale de tous les vas et viens entre la terre ferme et ce village flottant. Les habitants y arrivent, s'y assoient en attendant une barque qui pourraient les amener jusqu'à leur maison. Parfois, après une demi-heure d'attente, ils se mettent à crier en direction de leur habitation afin que quelqu'un se décide à venir les chercher. Nous y rencontrons Yego, qui du haut de ses 18 ans, est plein de curiosité et de questions. Sa pratique de l'anglais nous permet de faire mutuellement connaissance et de discuter.
Nous traversons à midi la rue-rivière, pour nous rendre au restaurant sur pilotis d'en face. Nous y dégustons un poisson fraichement cuisiné et prolongeons notre passage dans ce lieu magique.
Au cours de notre retour sur la route, nous doublons de nombreux chars à boeufs transportant de la canne à sucre, en direction des fabriques qui la transformeront en sucre.
Le lendemain, nous partons en bateau à moteur avec comme conducteur Yego. Nous profitons des lumières du matin pour admirer le lac, et traversons d'énormes jardins flottants. Nous y découvrons les différentes activités sur le lac : les pêcheurs qui installent leurs filets et ensuite frappent sur l'eau avec un long bambou, pour effrayer les poissons qui viennent se prendre dans leur pièges ; les aqua-griculteur remplissant leurs bâteaux d'algues flottantes qu'ils utiliseront comme engrais sur leur cultures ; les bateaux bondés de locaux qui vont en direction de la ville, pour y travailler ou pour y faire leur marché. C'est l'après-midi que nous découvrirons un peu l'envers du décors, en lien avec le tourisme. Les nombreux restaurants, boutiques de souvenirs, les différents ateliers de fabrication qui ont été déplacés pour s'installer au milieu du lac, comme lieux de visite touristique. Des femmes de l'ethnie des long coups (formées par les long colliers dorés) qui servent d'attrait touristique dans un magasins de souvenirs et veulent absolument qu'on les prennent en photos... Nous poursuivons cependant la journée en découvrant villages et temples sur l'eau et finissons en beauté par un petit plongeons au milieu du lac.
Nous quittons ce lieu avec de nombreux questionnements. Nous y avons vécu des moments très beaux, dans des villages encore authentiques en s'ecartant un peu de la zone très touristique. Mais nous avons conscience que cela va disparaître avec le tourisme de masse, et cela surement bien plus vite qu'on ne l'imagine. Déjà de nombreux hôtel viennent abîmer le paysage et l'on ne peut compter le nombre actuellement en constructions. Des disparités sociales se font sentir entre les habitants qui se sont reconvertis dans le tourisme et ceux qui ont gardés leur activité originelle, alors que ce n'est que le début.
Cela n'empêche pas que nous garderons de très beaux souvenirs de ce lieu, mais c'est la première fois que nous prenons autant conscience de notre responsabilité en tant que touristes, de l'impact que nous avons sur les lieux que nous visitons. Nous avions déjà conscience de l'importance de réfléchir en amont à nos façons de voyager. Nous faisions déjà attention à répartir au maximum l'argent que nous apportons. Mais ici bien d'autres reflexions se sont ouverte à nous...
Nous finissions notre séjour à Yangon, une des anciennes capitales de la Birmanie, avant de se rendre à l'aéroport pour quitter le pays en direction de l'Inde...
On doit le dire, on gardera en tête l'accueil incroyablement chaleureux, généreux et souriant des Birmans! Cependant, nous savons que nous avons découverts une infime partie de ce pays : les parties «ouvertes au tourisme». Nous avons bien conscience que les conditions de vies sont bien différentes dans d'autres parties du pays et que les élections prévues  pour l'année prochaine risquent de déstabiliser ce beau pays une nouvelle fois, l'armée détenant encore 80% du pouvoir!!!