Bonjour à tous,
Après avoir quitté notre famille indienne, nous partons en direction de Ooty une petite station d'altitude créé par les Anglais. Pour ce faire nous allons en bus jusqu'à Mettupalayam avec pour objectif de rejoindre cette station d'altitude en train. Eh oui, jusque là il est vrai que malgré le nom du blog nous avons privilégié les transports en bus. Mais nous essayons d'inverser la tendance en Inde, le train fonctionnant de manière très efficace et étant très accessible en terme de prix. D'autre part, certain trains comme celui-la valent le détour... Arrivés à Mettupalayam nous partons à la gare pour tenter de réserver notre billet pour le lendemain. Mais nous sommes dimanche, et nous trouvons portes closes. Les quelques horaires indiquées sur la porte semblent mentionner une ouverte quelques heures plus tard. De retour à cette même gare, nous entrons dans le guichet de réservation, et expliquons notre volonté de réserver pour le lendemain. Notre interlocuteur nous explique qu'il est impossible de réserver le dimanche après-midi. Nous essayons de comprendre comment nous pouvons obtenir une place le lendemain et il nous donne une réponse très indienne : «very difficult», mais il nous propose de revenir vers 19h pour voir le chef de gare. De retour, pour la troisième fois, le chef de gare nous informe qu'il y a des places disponibles pour le lendemain, mais on ne peut pas les obtenir de suite, il faut «simplement» se présenter 2h avant le départ du train, soit à 5h du matin.
Le lendemain, réveillés aux aurores, nous patientons près d'une heure, puis quatres officiels de la gare se présentent pour délivrer les billets de 2ème classe disponibles. Nous obtiendrons finalement nos billets au prix ridiculement bas de 15 roupies par personne (soit le prix de 2 thés indien) pour ce toy train à vapeur classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Pendant que nous prenons place dans le wagon, arrive la locomotive à vapeur d'époque reluisante et au bruit caractéristique. Puis nous partons pour ces 40km de trajet avec plus de 1500m de dénivelé. Nous traversons des paysages incroyables entre montagnes, plantations de thé et petits torrents. Nous découvrons la rapidité ferroviaire de l'époque, avec des arrêts environ toutes les demi-heures pour faire le plein d'eau dont la micheline propulsant notre petit train a besoin. Ces arrêts s'effectuent généralement à de magnifiques points de vue, nous laissant le loisir d'admirer les paysages. Après plus de 4h de trajets, nous arrivons a Ooty à plus de 2000m d'altitude. Comme les Anglais à l'époque, nous apprécions la fraîcheur du lieu, après ces trois semaines passées sous la chaleur assommante du Tamil Nadu. Nous profitons du lieu pour faire quelques belles promenades entre plantation de thé et eucalyptus. Autre spécialité locale : le chocolat. Cette tradition laissée par les Anglais a bien plu à nos papilles, qui n'avait pas dégusté ceci depuis Noël!
Après quelques jours nous partons vers le Sud-Ouest, dans le Kerala, à Allepey. Lors d'un changement de bus, nous nous étonnons de la fureur indienne à l'embarquement dans le véhicule. Le bus entrant dans la gare, roulant encore assez vite, tout le monde se rue sur les portes pour embarquer, dans l'espoir d'avoir une place assise. Le conducteur ayant finit sa manoeuvre pour se garer, tous le monde a déjà pris place!!!
A Allepey, nous partons en promenade en Canoë à travers les backwater, canaux naturels ou artificiels utilisées pour transporter les marchandises et alimenter en eau les rizières. Nous nous promenons au fil de l'eau, entre palmiers, rizières et maisons colorées. Comme dans bien d'autres endroits, ces cours d'eau sont lieux de vie. Nous évoluons entre la baignade des enfants, les femmes faisant la lessive, des groupes assis à bavarder en pêchant, la toilette quotidienne des habitants, les aboiements d'un caniche et son troisième oeil rouge dessiné au milieu du front (oui, oui, eux aussi sont Hindou)!...
Nous ne manquons pas de croiser les impressionant houseboat, bateaux fabriqués en bois et corde de cocotier, originalement utilisés pour le transport de marchandises. Ils ont aujourd'hui été reconvertis de manière plus ou moins luxueuse, en résidence flottante pour touristes au charme incontestable.
Un autre soir, une petite ballade nous amène à la plage pour nous tremper les pieds dans la mer d'Oman. Nous nous régalons de voir les indiens jouer entre eux, les pieds dans l'eau et les femmes se baigner en sari. Peu nombreux sont ceux qui se baignent complètement vu la force du courant. D'autant plus qu'au bout d'un moment Mathilde pointe du doigt ce qui lui semble être un aileron dépassant des vagues. Ceci sera confirmé quelques minutes plus tard par la plupart des indiens sortant de l'eau. En effet, le requin est peu être une autre raison du faible taux de baigneurs sur cette plage! La plupart préfèrent se promener à pied, ou en profitent pour faire une petite ballade en dromadaire.
Plus nous avançons dans l'Inde du Sud, plus nous nous étonnons du contraste entre les descriptions que nous avons eu du pays et ce que nous vivons. Nous trouvons ici des indiens attentionnés et prévenant envers nous. La plupart du temps ils nous offrent des prix corrects, à la première ou deuxième demande. Tandis que nos échanges avec la population sont simple et nous ne sentons aucune pression ou oppression de leur part. Pas sur que cela dure lorsque nous remonterons vers le nord... Nous quittons au petit matin la ville d'Allepey, en ferry public pour une dernière ballade sur les backwaters. Le ferry public est piloté par plusieurs personnes. Comme toute chose en Inde chacun à un rôle bien défini et il ne viendrai pas à l'idée d'un Indien d'empiéter sur le travail de son collègue. Ainsi, il y a un barreur sur le toit du bateau, qui signale avec différents tintements de cloche sa volonté de changer de vitesse ou passer en marche arrière. Une autre personne à en charge le passage des vitesses, tandis que deux autre s'occupent des amarres. Enfin, comme dans la majorité des transport ou lieu public, des sièges sont attribués pour les femmes à l'écart des hommes.
Notre voyage nous mène ensuite dans la ville de Ruminy. Ville aux rues enbaumées par l'odeur de la Cardamomes cultivée en abondance dans les environs. Nous décidons d'une petite randonnée dans le parc National de Periyar, en compagnie des gardes du lieu. En effet, étant donné le caractère sauvage des animaux de ce parc, la visite ne s'improvise pas et un des garde forestier porte avec lui un fusil...on s'est un peu cru comme dans les films! Les gardes du parc nous transmettent dès le début leurs passions pour la faune et la flore de ce lieu, en nous parlant et nous montrant quantité d'oiseaux exotiques aux chants mélodieux. Puis lors d'un passage sur un sommet, un des garde nous passe les jumelles pour observer des bisons en contrebas. Quelques kilomètres plus loin, le pisteur montre quelques empreintes fraîches d'une taille impressionnante et nous fait signe de ne pas faire de bruit. Nous découvrons alors, au détour du virage suivant, deux éléphants sauvages et un bébé traversant la rivière et mangeant du bambou. Un des guides nous contes la quantité astronomique d'eau et de nourriture qu'ingère ces animaux par jours. En les voyants uriner en quelques secondes, plus de litres qu'une douche d'occidental, cette remarque nous est vite confirmée!
Tandis que l'heure du déjeuner approche, nous arrivons sur une plaine entre deux collines. C'est là que nous voyons au loin un troupeau d'une dizaine d'éléphants. Nous nous en approchons pour prendre notre repas en leur compagnie, tel Jumandji. Cependant quelques bonnes centaines de mètres nous separant quand même de ces géants. La plupart savourent tranquillement l'herbe après l'avoir arraché avec leurs trompes ; un petit éléphanteau se roule au dessous de sa maman pour profiter de la fraicheur de son ombre ; un autre apparait un peu plus tard, il était en contrebas dans la rivière pour se baigner ; tous ensemble offrent un tableau aux mouvements lents et incroyablement majestueux malgré leur poids!
Nous reprenons notre route au milieu de forêts et de beaux paysages parsemés de nombreux arbres morts, donnant un aspect mystique aux lieux. Au cours de l'après midi, nous aurons le loisir d'évaluer la taille assez impressionnante d'une empreinte de tigre... Mais au grand soulagement de Mathilde, nous ne croiseront pas le «gros chat»! Nous observerons également quelques très gros écureuils. Tandis qu'un oiseau au vol majestueux et à l'envergure impressionnante nous survollera, semblant être sorti directement de la pré-histoire. Nous reviendrons tranquillement à la réalité sur le chemin du retour en croisant quelques singes.
Cette région ou les plantations de thés et d'épices pullulent, nous invite à aller nous informer sur le sujet. Nous partons donc à la visite d'une usine de thé locale, afin de comprendre comment cette petite feuille verte ramassée à la main est transformée en breuvage, si convoité par les anglais. Puis nous allons visiter un jardin d'épices, afin de savoir comment poussent toutes ces saveurs qui nous enflamment le palais à chaque repas ici!
Nous tentons notre deuxième réservation de train au bureau de poste local. Celui-ci ayant un guichet spécialement dédié, nous nous y rendons en fin de journée. Présentant notre demande on nous informe qu'il est trop tard et que le guichet spécifique de réservation fermait à 16h. Après avoir insisté, on nous fait signe d'attendre, la personne en charge étant parti faire une course. A son retour, nous trouvons un homme serviable avec qui nous passeront plus d'une heure pour réussir à réserver à l'avance notre premier long trajet en train indien. Le fonctionnement des réservations et du système ferroviaire ici est en effet un lègue des britannique, fonctionnant très bien, mais sa complexité administrative et codifiée reste d'un fonctionnement très anglais!
Notre premier long voyage en train, nous emmènera du Kérala au Rajasthan. Nos 36h de voyages (2 nuits et une journée), nous permettent d'apprécier tranquillement le défilé des paysages Indiens. Ici la plupart des trains s'appellent express, mais ils s'arrêtent dans énormément de petites gares et la durée d'un arrêt est rarement inférieure au quart d'heure. Cela nous laisse le temps de faire notre shopping pour les repas, afin de déguster Samosa ou autre Beignets de pomme de terre saupoudré d'épices et fourré dans une sorte de brioche. A longueur de journée, des vendeurs arpentent les wagons pour remplir des godets de chai, ce thé épicé au lait, boisson nationale indienne. Au fil du trajet, les paysages quelques peu désertique du Rajasthan nous apparaissent. Terre des royaumes de Maharajah et autre Maharanah... Notre prochaine escale!








Ah..!, les files d'attente dans les gares indiennes, les houseboat, et surtout le thé au lait à la cardamone...rien que d'en parler, son parfum me revient en mémoire.
RépondreSupprimerSais-tu, Mathilde, qu'on avait logé dans un houseboat au Cachemire en 1987? Tiens, j'avais ton age d'ailleurs!
Gros bisou mes p'tits loups, profitez bien!
Marie-Pierre