mardi 4 mars 2014

Le Myanmar, les Birmans et leur incroyable accueil!

Mangdelaba (bonjour en Birman),
Certaines frontières terrestre entre le Myanmar et la Thaïlande étant ouvertes depuis peu (Août 2013), nous décidons d'entrer en Birmanie sans prendre l'avion (ce qui était le seul moyen d'entrée possible ces dernières années). Après une nuit de bus depuis Bangkok, nous arrivons au petit matin à Mae Sot, ville Thaïlandaise, à quelques kilomètres de la frontière Birmane. A la gare de bus, nous nous avançons vers un tuk-tuk nous proposant «Myanmar», nous montons. En sortant de la gare de bus il semble aller à l'opposé de ce nous pensons être la direction de la Birmanie. Puis après un tour de ville ou nous remplissons le véhicule, nous nous arrêtons un bon quart d'heure pour réarranger les baggages sur le toit, comme pour un long trajet. Cela nous semblant étrange, nous montrons notre papier indiquant notre direction au chauffeur qui aquiesce rapidement, sans nous porter plus d'attention. Puis nous partons. Après 15mn de route nous comprenons que nous n'allons vraiment pas au bon endroit et tentons de communiquer avec nos voisins, qui malgré une comprehension difficile, confirment nos craintes. Ils nous proposent de descendre au prochain checkpoint de police quelques kilomètres plus loin, ce que nous faisons (les abords de la frontière sont très contrôlés aussi bien en Thailande qu'au Myanmar). Notre chauffeur n'est pas très surpris et ne fait même pas l'effort de nous demander son dû (incompréhension ou besoin de remplir son tuk tuk, nous ne serons jamais). Nous attrapons un tuk-tuk dans l'autre sens pour 30 mn et repassons devant la gare de bus, pour se retrouver 5 mn plus tard au fameux passage de frontière. Après cette ballade en tuc-tuc dans la campagne Thaïlandaise, au soleil levant, nous passons enfin la frontière sans encombre. Du côté Birman, nous arrivons dans la ville de Myawaddy. La route liant Myawaddy au reste du Myanmar est ouverte un jour dans un sens de circulation, le lendemain dans le sens opposé. Au passage de la frontière nous apprenons que la route est ouverte dans notre sens, bonne nouvelle! Nous saisissions notre chance et embarquons dans un taxi partagé en direction de Hpa-an.
Nous comprenons petit à petit pourquoi la route est en sens unique. Il s'agit d'une route de montagne grossièrement «goudronnée», uniquement sur sa partie centrale. Nous traversons de nombreux petits villages avec des maisons aux murs faits de bois et de bambou tressés et de feuilles séchées en guise de toiture. La route est partagée par des gros camions de marchandises, des tuk tuk avec des chargements aussi important à l'intérieur que sur le toit, des bus sans âges et un nombres très important de taxi partagés : souvent une voiture break contenant beaucoup plus de personnes que les 5 places prévues, les baggages se trouvant sur le toit. Le tableau ne serait pas complet si on ne mentionnait pas les nombreuses portions de travaux en cours, afin d'améliorer et d'élargir la route, réalisés avec des moyens archaïque. Dans ces circonstances, la route se transforme en rallye dans la poussière, ou tout est permis pour doubler une autre voiture, et chaque virage est une opportunité pour faire l'intérieur à un camion plus lent. Sans compter les bouchons réguliers, ou s'amassent des centaines de véhicules sur la route sinueuse, à cause de véhicules en panne ou de travaux. D'autre part de nombreux check-point militaires sont présents le long de la route. Lorsqu'ils aperçoivent nos têtes d'occidentaux à bord du véhicule ils s'agitent, demandent à notre voiture de s'arrêter pour examiner avec minutie nos passeports. Tant et si bien que notre chauffeur à la fin du trajet, essayer de nous cacher en remontant les vitres teintés, afin d'éviter ces arrêt supplementaires.
Nous arriverons finalement à Hpa-an, après 7h et 165kms!!
Après une nuit bien méritée, nous partons à la découverte de cette petite ville typique. Nous déambulons dans le marché matinal aux cents couleurs, ou l'activité de la ville est à son comble! Puis tout retombe en début d'après-midi, les rues sont désertes, le soleil apportant une chaleur assommante. Nous grimpons en milieu d'après-midi en haut d'un pic rocheux, parsemé de Stupa et statues bouddhistes lui donnant un aspect mystique. Arrivés au sommet, nous découvrons une incroyable vue sur les environs : le fleuve sillonant au travers des cultures, sous le soleil de fin de journée. A notre retour à la fraîche, la ville à repris son activité. Sur la berge des bâteaux remplis de fruits et légumes arrivent des villages agricoles environnants, afin d'approvisionner le marché du lendemain. Les allées et venus entre la berge et la ville durent des heures. Les recoltes placées dans des paniers sont déchargés des bâteaux par les villageois, en équilibre sur la tête ou l'épaule, pour être ensuite chargés sur les cyclo-pousse. Ces derniers se chargent de ralier le marché... Un ballet très coloré qui nous a occupé quelques heures.
Le lendemain, après avoir trouvé une carte sommaire des environs, nous prenons des vélos et partons à la découverte de la campagne environnante. Après s'être toute la matinée promenés dans les allées en terre entre villages, statues bouddhistes temples et rizières. Nous décidons de repartir vers la route principale pour trouver un restaurant. C'est sur ce chemin qu'un homme traversant nous interpelle : «you» (interjection habituelle en asie du Sud Est pour attirer l'attention de l'occidental), puis nous fait un signe de manger. Après une insistance de sa part nous le suivons. Nous nous retrouvons dans le jardin, sous un grand arbre, au milieu de la famille qui se met en branle bas de combat pour nous recevoir.
Toute la famille est en effet reunis pour le repas du midi. Il y a là une dizaine de personnes, allant des grands parents aux petits enfants, qui nous regardent avec un air amusé. Chacun prend son repas de manière décousu, sur differentes tables, positionnée à quelques centimètres du sol, tout en discutant et rigolant. Au menu, un plat principal, composé de pâtes de riz et servis avec une sauce aux légumes. Malgré la barrière de la langue nous arrivons à échanger un peu avec nos hôtes. L'homme qui nous à invité cultive des rizières et est le chef de famille. Après les avoirs grandement remercié dans leur dialecte (Mons), nous repartons au volant de nos bicyclettes salués par nos hôtes. C'est quelques heures plus tard, que nous arrivons au point indiqué «cascades» sur notre carte. Nous nous y arrêtons, ayant grandement besoin de rafraîchissement, mais découvrons qu'aucun filet d'eau ne descend de la chute. Cependant, il s'agit d'un endroit prisés par les locaux pour se raffraichir. En effet, différent bassins bétonnés sont formés au pied de ces chutes d'eau asséchés, et quelques enfants et adultes s'y baignent alors que les femmes se posent sur le bords et discutent. Julien décide de se mêler aux baigneurs, pendant que Mathilde se raffraichit les pieds. Il se retrouve rapidement jouant, sautant et s'éclaboussant avec les enfants. Sous le regards amusés des locaux restés sur le bords du bassin. Mathilde pendant ce temps se retrouve sollicitée par les jeunes des villages voisins pour poser avec eux en photo. Puis nous repartons à vélo, en compagnie nos jeunes copains de baignade. Nous découvrons petit à petit qu'ils ont fait un certain nombre de kilomètres pour venir se baigner, à quatre sur deux vélos. Nous partagerons donc une bonne partie du chemin du retour avec eux. Nous découvrirons ainsi leurs habitudes, leur arrêts à l'entrée des villages pour boire l'eau mise à disposition dans des jarres en terre. Ils nous offrirons également très naturellement notre première noix de bétel. Puis, ils nous emmènerons sur le chemin du retour visiter un temple, où ils ont l'habitude d'aller manger après la baignade (de nombreux temples aux Myanmar offrent en effet des repas à toute personne se présentant). Nous visiterons ce temple d'une manière un peu spécifique. Les enfants y sont un peu comme chez eux, ils ont l'habitude de se servir à boire à l'entrée, de saluer les cochons d'indes se trouvant dans une cage sous l'escalier, d'aller voir l'évolution de la ruche se trouvant dans l'arbre. Ils nous emmènerons également rendre une visite aux moines et admirer le point de vue du haut du temple. Nous ressortirons du temple en chantant avec les enfants, puis quelques kilomètres plus loin ils nous lancerons un bref au revoir lorsqu'ils tournerons pour rentrer à leur village.
Lors de ces premières journées à Hpa-an et ses environs, nous découvrons les caracteristiques de ce pays, peut être le seul où les voitures roulent à droite, avec le volant à droite. Nous apprivoisons rapidemment ces birmans aux dents et aux lèvres rouge. En effet ces derniers sont des grands adeptes des noix de bétel qu'ils mâchent du matin au soir et qui laissent des traces rouges caractéristique dans les rues lorsqu'ils crachent. Des petits vendeurs de cette mixture sont installés un peu partout dans les villes. Après avoir étalé une pâte blanche à base de chaux sur une feuille de Bétel, ils y déposent les noix provenant du même arbre. Une fois roulé, le tout est vendu près à macher pendant des heures.
Nous nous questionnons également sur les marques jaunes dessinées sur le visage des femmes et des enfants. Nous decouvrons qu'il s'agit du Thanaka réalisées en appliquant une pâte à base de branche de cet arbre. Elles servent à protéger du soleil et pour prendre soin de la peau. Ces pâtes servent également aux femmes de maquillage.
Leur habillement mérite également d'être évoqué. Dans pratiquement tout le pays il reste très traditionnel et le jean n'a pas encore fait disparaître le longji majoritairement porté aussi bien par les hommes que les femmes. Il s'agit d'un grand tissus cousu en cercle, qu'ils serrent au niveau de la taille pour se couvrir les jambes (un peu comme un paréo, dans nos représentations occidentales).
Après tous ces premiers aperçus du pays, nous quittons Hpa-An, à bord d'un petit bâteaux, en direction de Malawine. Pendant les 4 heures de trajets nous aurons le droit a une succession de bonjour, d'envoi de baiser, de danse de liberation et de saut dans l'eau de bonheur de la part des enfants et des plus grand pour nous saluer.
A première vue cette nouvelle ville nous semble énorme, constituée de grandes rues (c'est en effet la quatrième ville du Myanmar). Mais en prenant le temps d'arpenter à pieds les environs, nous découvrons plein de petits goulots et ruelles donnant des impressions de village dans la ville. On y trouve de nombreux puits servant à la lessive, vaisselle..., des gens discutant à l'ombre sur le pas de la porte. De nombreuses maisons sont encore encerclées de barbelés, ce qui nous laissent présager de l'histoire récente de ce lieu récemment ouvert aux touristes. Ambiance que nous retrouverons dans d'autres villes par la suite. Dans une de ces ruelles, nous nous retrouvons aux milieu de plusieurs groupes d'enfants jouant au sol autour d'un jeu de palets ressemblant au billard. Nous saisissons l'occasion pour se poser tranquillement, jouer et partager un moment de quotidien entre enfant et adultes du quartier venus observer.
A d'autres occasions, nous pourrons également noter le côté sportifs des Birmans. Ils est fréquent de les voirs se rassembler en cercle et jongler avec une balle de bambou tressé après la sieste. A ces moments, ils ont une sacré technique pour replier et nouer leur longji et s'en fabriquer un short. Il n'est pas rare non plus de les voir jouer au volley-ball ou au badminton.
 
Après quelques jours dans cette ville, nous quittons le sud du pays. Une nouvelle nuit de bus et nous arrivons au petit matin, à Mandalay. Nous souhaitions, descendre quelques heures plus tôt. Cependant malgré nos demandes, le chauffeur avait décidé qu'ils nous fallait aller jusqu'au terminus du bus. N'ayant pas de bus pour rebrousser chemin vers notre destination avant le soir, nous changeons nos plans pour rejoindre la ville de Hsipo, nichée en altitude... C'est dans ce bus que nous vivrons le trajet le plus inconfortable depuis notre départ! Le plancher du bus, entre la soute et les sièges n'existant plus... nous avions en guise de plancher une multitude de cartons, de sacs de nourriture pour animaux, de riz, de pièces mecanique... Sans ce chargement nos sièges seraient 1m50 dessus du sol et nos pieds dans le vide. Mais, notre principale source d'inconfort était notre siège. En effet l'assise originelle avait été enlevé, et remplacée par une banquette plus petite, qui n'était pas fixée. Ce qui signifie qu'il y avait forcément un de nous deux avec une fesse dans le vide, et surtout qu'a la moindre secousse cette dernière glissait. Etant sur une petite «route» Birmane de montagne, c'était un exploit lorsque l'on tenait 5 min sans avoir à nous lever pour réajuster notre siège...autant dire que sur huit heures de trajet on s'est relevé un certain nombre de fois!
Après une nuit et une journée de transport un peu fatiguante, nous arrivons à Hsi-Po où nous trouvons facilement une auberge sympathique pour nous loger. Peu après notre arrivée, un groupe de trois jeunes en partance pour des sources chaudes nous propose de se joindre à eux pour la fin de journée. Nous acceptons, pensant aller se relaxer dans un bain chaud au milieu de la nature. Après 20 min de tuc-tuc notre chauffeur s'arrête devant les fameuses «source chaudes». A la surprise générale, nous nous retrouvons devant les bains publiques d'un village. En effet, l'eau thermale, est ici canalisée, et collectée dans deux grands bassins en béton séparés par un mur. Nous nous divisons alors, les deux garçons d'un côté, et les trois filles de l'autre. Du côté homme il y a peu d'activité, mais de l'autre, chez les femmes et les enfants, il y a du monde! Mathilde et ses deux collègues, enroulées dans leurs paréos, se trempent dans l'eau toute savonneuse, entre les femmes qui font la lessive, les enfants lavant leurs chaussures et les séances «pédicure» à la pierre-ponce sur le bord du bassin. Les femmes drapées des épaules jusqu'aux mollets, réussissent l'exploit de se laver et se rhabiller sans qu'un centimètre de peau n'apparaisse! Très différent de ce que l'on imaginait, mais une sacrée expérience!
Les jours suivants nous découvrirons les alentours à pieds et à vélo entre monastères en teck, visites de petits villages authentiques et ballades entre d'innombrables anciennes stupas perdues dans la nature et partiellement recouverte de végétation.
Enfin, nous profitons une fois de plus des «tea house» (maison de thé), qui font notre bonheur depuis notre arrivée au Myanmar. On y sert du thé, du café, et de nombreuses pâtisseries locales. Ces dernières sont parfois faites sous nos yeux par le patissier, dans son four à bois, sur la terrasse. On y retrouve avec grande satisfaction des petits déjeuner sucrés et n'hésitons pas à nous y arrêter lors de nos petits creux. C'est un lieu où les Birmans viennent se retrouver, jeune ou moins jeune, discuter et lire le journal. On aime y prendre notre temps et observer tranquillement le réveil de la ville au petit matin.
Nous partons ensuite en direction du Lac Inlé, un des lieu les plus touristique du Myanmar. Une nouvelle fois, le vélo est notre moyen de locomotion. Nous explorons la partie ouest du lac le premier jour, en arpentant ses différents villages! Nous ne pouvons longer le lac, ou l'atteindre en vélo ou à pieds, car les zones alentours sont plutôt marécageuses. Certaines parties des villages sont d'ailleurs sur pilotis et innaccessible à pied. Cela nous donne le loisir d'observer les déplacements des barques colorées a Khaung Daing, au son de la musique locale provenant des maisons environnantes.
C'est le lendemain qu'un réel coup de coeur nous attends. Nous quittons la ville de Nyaung Shwe au petit matin. Les rues sont à peine réveillées et les enfants viennent d'arriver à l'école. Ils sont tous rassemblés en rang dans la cours, et chantent au son des tambours tel un orchestre aux allures militaire. Nous poursuivons notre route, pédalons près d'une heure avant d'atteindre le village de Maing Thauk. Nous abandonnons nos montures à l'extrémité d'un large pontons en bois, que nous empruntons pour une centaine de mètres. Arrivés à son extrémité, nous trouvons une petite cabane qui pourrait ressembler à un arrêt de bus. Ici, au milieu de l'eau, il s'agit d'un «arrêt de bâteau». En effet, nous nous trouvons à la lisière d'un village construit entièrement sur l'eau! Un jeune garçon nous propose d'explorer son village à bord d'une petite barque en bois. C'est ainsi que pendant une heure nous sillonons les rue-canaux du villages, au fil de l'eau et au rythme de la rame de notre guide. Après les description «trop touristique» que nous avions eu du lac Inlé, nous nous retrouvons au petit matin seuls touriste au milieu de cet incroyable village flottant. Nous nous régalons de ces ambiances hors du temps et si loin des modes de vie que nous sommes en mesure d'imaginer! Ces habitants, perchés en haut de leur maison sur pilotis, n'ont qu'à lancer un sceau par la fenêtre pour puiser de l'eau. L'école sur pilotis, où nous imaginons l'amassement de barques au petit matin pour amener les enfants. Le magasin sur l'eau, où les villageois viennent y faire leurs courses en barque. La toilette du matin, au bord de l'eau, sur le petit ponton en contre-bas de la maison. Les jardins flottants : ces rangées de terres immergées, où les agriculteurs doivents rester dans leurs barques pour planter et désherber leurs plants de tomates, courges, choux... Dans ce village, chaque déplacement nous évoque une danse, tel un balais de barques. Sans parler de cette technique unique qu'ont les habitants du lac pour ramer. Installés à l'extrémité de leur barque, debout en équilibre sur un pied, ils enroulent leur deuxième jambe autour de la rame pour pagailler. De loin ces silhouettes ondulantes, à l'équilibre déconcertant, sont d'une incroyable grâce. Mais quand nous, avec notre équilibre d'européen, montons sur ces même barques, c'est un véritable challenge de ne pas faire chavirer l'embarcation.
Après cette incroyable promenade, nous revenons sur le pontons, mais nous n'avons pas envie de quitter ce lieu. Nous continuons donc à nous imprégner des ambiances du quotidien de ce village, en restant sur ce ponton qui est aussi un incroyable lieu de vie. Place centrale de tous les vas et viens entre la terre ferme et ce village flottant. Les habitants y arrivent, s'y assoient en attendant une barque qui pourraient les amener jusqu'à leur maison. Parfois, après une demi-heure d'attente, ils se mettent à crier en direction de leur habitation afin que quelqu'un se décide à venir les chercher. Nous y rencontrons Yego, qui du haut de ses 18 ans, est plein de curiosité et de questions. Sa pratique de l'anglais nous permet de faire mutuellement connaissance et de discuter.
Nous traversons à midi la rue-rivière, pour nous rendre au restaurant sur pilotis d'en face. Nous y dégustons un poisson fraichement cuisiné et prolongeons notre passage dans ce lieu magique.
Au cours de notre retour sur la route, nous doublons de nombreux chars à boeufs transportant de la canne à sucre, en direction des fabriques qui la transformeront en sucre.
Le lendemain, nous partons en bateau à moteur avec comme conducteur Yego. Nous profitons des lumières du matin pour admirer le lac, et traversons d'énormes jardins flottants. Nous y découvrons les différentes activités sur le lac : les pêcheurs qui installent leurs filets et ensuite frappent sur l'eau avec un long bambou, pour effrayer les poissons qui viennent se prendre dans leur pièges ; les aqua-griculteur remplissant leurs bâteaux d'algues flottantes qu'ils utiliseront comme engrais sur leur cultures ; les bateaux bondés de locaux qui vont en direction de la ville, pour y travailler ou pour y faire leur marché. C'est l'après-midi que nous découvrirons un peu l'envers du décors, en lien avec le tourisme. Les nombreux restaurants, boutiques de souvenirs, les différents ateliers de fabrication qui ont été déplacés pour s'installer au milieu du lac, comme lieux de visite touristique. Des femmes de l'ethnie des long coups (formées par les long colliers dorés) qui servent d'attrait touristique dans un magasins de souvenirs et veulent absolument qu'on les prennent en photos... Nous poursuivons cependant la journée en découvrant villages et temples sur l'eau et finissons en beauté par un petit plongeons au milieu du lac.
Nous quittons ce lieu avec de nombreux questionnements. Nous y avons vécu des moments très beaux, dans des villages encore authentiques en s'ecartant un peu de la zone très touristique. Mais nous avons conscience que cela va disparaître avec le tourisme de masse, et cela surement bien plus vite qu'on ne l'imagine. Déjà de nombreux hôtel viennent abîmer le paysage et l'on ne peut compter le nombre actuellement en constructions. Des disparités sociales se font sentir entre les habitants qui se sont reconvertis dans le tourisme et ceux qui ont gardés leur activité originelle, alors que ce n'est que le début.
Cela n'empêche pas que nous garderons de très beaux souvenirs de ce lieu, mais c'est la première fois que nous prenons autant conscience de notre responsabilité en tant que touristes, de l'impact que nous avons sur les lieux que nous visitons. Nous avions déjà conscience de l'importance de réfléchir en amont à nos façons de voyager. Nous faisions déjà attention à répartir au maximum l'argent que nous apportons. Mais ici bien d'autres reflexions se sont ouverte à nous...
Nous finissions notre séjour à Yangon, une des anciennes capitales de la Birmanie, avant de se rendre à l'aéroport pour quitter le pays en direction de l'Inde...
On doit le dire, on gardera en tête l'accueil incroyablement chaleureux, généreux et souriant des Birmans! Cependant, nous savons que nous avons découverts une infime partie de ce pays : les parties «ouvertes au tourisme». Nous avons bien conscience que les conditions de vies sont bien différentes dans d'autres parties du pays et que les élections prévues  pour l'année prochaine risquent de déstabiliser ce beau pays une nouvelle fois, l'armée détenant encore 80% du pouvoir!!!

4 commentaires:

  1. Merveilleuse aventure au contact de ces symphatiques habitants. Bien sûr le tourisme de masse changera beaucoup de choses, souhaitons que cela améliore leurs conditions de vie.
    Bien reçu votre carte aujourd'hui, grand merci et grosses bises,bonne route en Inde.
    Françoise et Lucien

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  2. Quel récit ! Plus vous avancez dans votre voyage, plus vous avez de choses à raconter, et plus vous me faites envie... J'ai imprimé ce texte pour le lire tranquillement le soir et me plonger dans cette ambiance dépaysante, c'est super!
    Merci de nous faire vivre toutes ces expériences à travers vos récits.
    PS: Mamie Françoise a bien reçu votre carte, elle vous fait une grosse bise... moi aussi d'ailleurs.
    Marie-Pierre

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  3. Décidément, les aventures s'enchaînent et ne se ressemblent pas. C'est un plaisir de vous suivre de loin à travers votre blog. Gros bisous les p'tits loups !
    Adrien et Estelle

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  4. Bonne fête Mathilde!!
    Bisous!
    Maman et Alice

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